Sénégal – 3ème conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation

Les présidents français Emmanuel Macron et sénégalais Macky Sall ont affiché vendredi leurs intérêts communs, en particulier pour l’éducation, thème d’une réunion internationale qu’ils parrainent conjointement à Dakar.

Dans leur plaidoyer devant la troisième conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), ils pourront compter sur le soutien exigeant de Rihanna, également présente à Dakar, selon un responsable de la communication de la chanteuse, mais celle-ci n’est pas encore apparue publiquement.

Cette sixième visite du président français dans un pays d’Afrique subsaharienne, après le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Niger et le Ghana, intervient à un moment de particulière convergence d’intérêts entre les deux pays, selon les analystes.

MM. Sall et Macron affichent des volontés réformatrices analogues et partagent une préoccupation pour la sécurité régionale, avec notamment la montée en puissance, aux frontières du Sénégal, de la force antijihadiste du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), qui vient d’achever sa deuxième opération.

Au palais présidentiel, ils ont signé une série de contrats, dont la vente de deux Airbus à la compagnie Air Sénégal pour un montant de 214 millions de dollars (171 millions d’euros) et la création d’un campus universitaire franco-sénégalais.

Ils ont ensuite visité le chantier du futur train express régional de Dakar, auquel participent des entreprises françaises, puis pendant une heure un collège de Dakar rénové grâce au soutien financier de l’Agence française de développement (AFD).

En redescendant dans la cour, Emmanuel Macron et Macky Sall ont été ovationnés par des centaines d’élèves massés sur les balcons, qui agitaient des drapeaux français et sénégalais en scandant « Merci, merci »!, tous en tee-shirts du collège, dont certains à l’effigie des deux présidents.

M. Macron a interrogé plusieurs élèves filles sur leurs projets d’avenir. « Gérante d’hôtel », a répondu l’une d’elles. « Pourquoi, parce que votre maman fait ça? », s’est-il étonné. « Non, c’est parce que c’est ma passion », a-t-elle expliqué.

« Ingénieure », « sage-femme », « militaire, dans l’armée de Terre », ont dit successivement trois de leurs camarades. « Eh bien, ici les filles… », a souri Emmanuel Macron, impressionné. « Maintenant à vous de jouer! Il faut travailler. Vraiment je compte sur vous », leur a-t-il dit.

Des mouvements hostiles à la politique française en Afrique ont promis à M. Macron un accueil plus frais, annonçant leur intention de manifester après la prière du vendredi, mais ils devraient en être empêchés par les autorités, qui ont interdit ces rassemblements.

Les deux présidents, qui ont chacun fait de l’éducation une priorité, sont ensuite partis pour la conférence du PME, pour y retrouver plusieurs chefs d’Etat africains et des donateurs internationaux.

La réunion vise à lever 3,1 milliards de dollars d’ici à 2020 pour aider plus de 60 pays en développement à financer leurs programmes d’éducation afin de réduire, malgré le poids de la démographie, le nombre d’enfants non scolarisés, estimé à 264 millions.

La directrice de l’Unicef, Henrietta Fore, qui participe à la conférence, a indiqué espérer que cet objectif serait atteint. « Mais 3,1 milliards de dollars, ça ne suffit pas. On aurait largement besoin du double, ou du triple », a-t-elle déclaré à l’AFP, déplorant que l’éducation soit considérée comme moins vitale que d’autres urgences de l’aide internationale, comme la santé ou la malnutrition.

Selon l’AFD, en matière de soutien à l’éducation, « la France ne fait pas tellement mieux » que les autres pays donateurs, en y consacrant seulement 2,5% de son aide publique.

Aussi Rihanna, ambassadrice du PME, ainsi que l’association humanitaire ONE, demandent à Emmanuel Macron de montrer l’exemple en portant la contribution française à 300 millions de dollars.

Samedi, Macky Sall accompagnera le président français et son épouse Brigitte à Saint-Louis, ancienne capitale de l’Afrique occidentale française et du Sénégal, menacée par la montée des eaux.

Son maire Mansour Faye avait interpellé Emmanuel Macron sur le sort de sa ville lors du Sommet One Planet du 12 décembre à Paris.

Cette ville de pêcheurs, premier établissement fondé par la France au sud du Sahara, attend de Paris et de la Banque mondiale, dont le président Jim Yong Kim, participera à ce déplacement, une aide contre l’érosion qui menace d’emporter des habitations.

La Banque mondiale avait annoncé à Paris une aide pour protéger les côtes africaines, dont Saint-Louis doit être l’une des premières bénéficiaires.

Inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité, le coeur historique de Saint-Louis devrait bénéficier d’une aide accrue de la France pour la restauration de ses monuments historiques.


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Février 2018