Jane Cooke Wright, l’oncologue qui a révolutionné la recherche et le traitement du cancer

Un article proposé par DiscovHer

Dr Jane Cooke Wright, une oncologue afro-américaine qui a surmonté les préjugés raciaux et sexistes de son époque pour révolutionner la recherche et le traitement du cancer, améliorant ainsi les chances de survie pour un grand nombre de malades.

Jane Cooke Wright est née à Manhattan, d’une mère enseignante en école publique et d’un père lui aussi médecin. Du côté paternel, elle est issue d’une lignée de médecins afro-américains précurseurs. Son père fut l’un des premiers diplômés noirs de la Harvard Medical School, tandis que ses grands-parents paternels et son oncle étaient également médecins. Son beau-grand-père fut le premier étudiant afro-américain diplômé de la Yale Medical School.

Comme eux, sa sœur et elle ont choisi cette voie, perpétuant la tradition familiale et franchissant de nombreuses barrières pour intégrer une profession alors essentiellement blanche et dominée par les hommes.

Après avoir obtenu son diplôme avec mention à la faculté de médecine de New York en 1945, le Dr Wright a fait son internat à l’hôpital Bellevue et à l’hôpital de Harlem, terminant son cursus dans ce dernier en tant que chef des internes.

En 1949, elle rejoint son père au Centre de recherche sur le cancer de l’hôpital de Harlem, qu’il a lui-même fondé. Pendant cette période, le duo père-fille a collaboré à des recherches sur les traitements chimio-thérapeutiques contre le cancer, qui étaient encore en grande partie expérimentaux et seulement utilisés à l’époque comme traitement de dernier recours.

Pendant que son père travaillait dans le laboratoire, J. Wright se concentrait sur les tests pratiques avec les patients, pour lesquels plusieurs d’entre eux ont connu une rémission.

Après la mort de son père en 1952, elle est nommée directrice de sa fondation à l’âge de 33 ans.

En 1955, elle devient professeure agrégée de recherche chirurgicale à l’Université de New York et directrice de la recherche sur les chimiothérapies anticancéreuses au New York University Medical Center et aux hôpitaux affiliés de Bellevue et de l’Université.

Ses travaux se sont concentrés sur la corrélation des réponses des cultures de tissus aux médicaments anticancéreux avec les réponses des patients.

En 1964, elle a mis au point une méthode non chirurgicale de distribution de médicaments anticancéreux à des organes internes tels que les reins, à l’aide d’un système de cathéter.

La même année, elle est nommée par le président Lyndon B. Johnson à la Commission sur les maladies cardio-vasculaires, le cancer et les AVC, dont les recommandations mettent l’accent sur une meilleure communication entre médecins, hôpitaux et instituts de recherche, ce qui a contribué au développement d’un réseau national de centres de traitement.

Elle est également la seule femme parmi les sept médecins qui ont fondé l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), dont la mission était de répondre aux besoins spécifiques des médecins traitant les patients atteints de cancer.

En 1967, le Dr Wright devient chef du département de chimiothérapie et doyenne associée au New York Medical College ; c’est la première fois qu’une femme noire occupe un poste si haut placé dans une école de médecine américaine à une époque de discrimination et où les médecins afro-américains étaient peu nombreux. En 1971, elle devient également la première femme présidente de la New York Cancer Society.

Après une carrière de quarante ans dans la recherche sur le cancer, le Dr Wright a pris sa retraite en 1987, après avoir apporté une contribution significative aux méthodes globales de traitement du cancer. Elle est décédée en 2013 à l’âge de 93 ans.

En plus de ses contributions aux traitements du cancer, la simple présence du Dr Wright dans des sphères d’influence médicale aussi importantes en tant que femme afro-américaine a brisé les barrières tant pour les futurs médecins que pour ceux qui en étaient les gardiens, leur permettant d’apprécier ce qu’ils pourraient réaliser, s’ils tiraient profit de leur véritable potentiel, un fait dont le Dr Wright était parfaitement convaincue.


Source – DiscorHer

Janvier 2018