La Directrice générale de l’UNESCO place l’éducation au centre des défis de la mondialisation

La Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a appelé à augmenter les investissements dans l’éducation comme réponse clé aux défis de la mondialisation, lors de la première édition du Forum économique international des Amériques – (Conférence de Paris) tenu à l’Organisation pour la Coopération Economique et le Développement (OCDE), le 7 décembre 2017.

« L’éducation offre des réponses durables pour traiter les causes profondes de défis comme la transformation numérique ou le changement climatique, la montée des populismes et de l’extrémisme violent »a déclaré la Directrice générale lors de la session plénière intitulée « La mondialisation perd-elle du terrain ? », organisée en collaboration avec l’Oréal.

« Aujourd’hui, les inégalités en matière d’éducation créent des fractures dangereuses au sein de nos sociétés, et les rendent vulnérables aux aléas de la croissance économique et du développement social. »

Ouvrant le débat, Jean-Paul Agon, PDG de l’Oréal, a appelé à une redéfinition de la mondialisation, conçue comme un effort pour « renouer avec les peuples, la culture et la planète » affirmant que « nous partageons la conviction qu’une forme plus équitable, plus équilibrée et plus durable de la mondialisation est possible. » Il a souligné le rôle clé des entreprises pour la promotion de l’éducation, le développement des compétences, l’intégration sociale et les droits de l’homme.

Le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, a déclaré que les inégalités dans l’accès aux opportunités étaient un facteur explicatifs des critiques envers la mondialisation, soulignant la nécessité de développer des stratégies nationales de lutte contre le chômage des jeunes et de réduction du décalage entre les besoins du marché du travail et les compétences disponibles.

Malgré les preuves convaincantes de l’impact de l’éducation sur la réduction de la pauvreté et de nombreux indicateurs de développement, la Directrice générale, Audrey Azoulay, a déploré que la part de l’éducation dans l’aide totale, exception faite des mesures d’allégement de la dette, soit en diminution constante depuis six années consécutives, passant de 10% en 2009 à 6,9% en 2015.

L’Afrique subsaharienne a reçu seulement 26% de l’aide à l’éducation de base en 2015, moins de la moitié de son niveau en 2002. Elle a souligné la nécessité absolue d’augmenter les investissements dans l’éducation des filles en tant que « facteur de transformation », également souligné par M. Agon.

Tout en affirmant que les gouvernements sont en première ligne de cette lutte, car l’éducation est un bien public et un droit fondamental, la Directrice générale a appelé à un engagement renforcé du secteur privé pour anticiper les compétences, réduire la fracture numérique, renforcer l’apprentissage en milieu professionnel et améliorer la formation technique. Il est essentiel, a-t-elle dit, de stimuler la recherche et l’innovation, et cela dans l’intérêt des entreprises qui ont besoin de « sociétés résilientes, inclusives et stable pour grandir et se développer ». Elle a attiré l’attention sur les partenariats de l’UNESCO avec l’Oréal pour les femmes et la science, ainsi qu’avec des sociétés comme Ericsson, Procter and Gable et Microsoft pour l’alphabétisation, l’éducation et l’apprentissage mobile.

Au-delà des compétences pour l’emploi, la Directrice générale a souligné que l’éducation consiste à transmettre des valeurs pour la citoyenneté, le développement durable, le respect de l’autre et la compréhension mutuelle dans notre monde fragmenté mais profondément interconnecté. « Dans cet environnement, nous avons plus que jamais besoin d’éducation, de culture et de coopération internationale institutionnalisée pour un monde plus stable et plus pacifique », a-t-elle déclaré.

Pascal Lamy, Président d’Emeritus, Institut Jacques Delors, a appuyé à cette vision globale, soulignant que « l’insécurité culturelle est tout autant un problème que l’insécurité sociale et économique ».


Source – Unesco

Décembre 2017