La Russie déclare neuf médias américains « agents de l’étranger »

Le ministère russe de la Justice a classé mardi neuf médias américains « agents de l’étranger », dont la radio Voice of America, après la promulgation par Vladimir Poutine d’une loi permettant d’enregistrer des médias sous cette appellation controversée.

Les radios Voice of America et Radio Free Europe/Radio Liberty, financées par le Congrès américain, ainsi que sept autres médias qui leur sont affiliés, ont été classés comme « exerçant les fonctions d’un agent étranger », selon un communiqué publié par le ministère de la Justice.

Fin novembre, Vladimir Poutine a promulgué une loi permettant de classer tout média international opérant en Russie sous l’appellation controversée d' »agent de l’étranger » sur décision du ministère de la Justice, en réaction à l’obligation faite à la chaîne russe RT, contrôlée par l’Etat russe, de s’enregistrer sous cette appellation aux Etats-Unis.

La loi a été dénoncée par le Conseil pour les droits de l’homme auprès du Kremlin, qui a estimé dans un communiqué que « tout média étranger pourrait être qualifié d’agent étranger de manière arbitraire par le ministère de la Justice ».

Vivement critiquée par les ONG Human Rights Watch et Amnesty international, la loi contraint notamment les entités concernées à donner des informations aux autorités sur les fonds qu’ils reçoivent de l’étranger et à préciser dans les documents qu’elles produisent qu’ils sont classés comme « agents de l’étranger ».

Ce texte étend aux médias une loi datant de 2012 qui ne concernait jusqu’à présent que les organisations non gouvernementales. Les radios Voice of America et Radio Free Europe/Radio Liberty sont financées par le Congrès américain.

Dans un communiqué publié sur le site de la radio, le président de Radio Free Europe/Radio Liberty, Thomas Kent, a indiqué être au courant de la décision du ministère russe de la Justice, tout en précisant « ne pas avoir reçu de détails sur ce que cette dénomination pourrait signifier pour nous ».

La chaîne russe RT a annoncé en novembre s’être pliée aux exigences américaines en se soumettant à la loi FARA (Foreign agents registration act), qui oblige toute société représentant un pays ou une organisation étrangère à rendre régulièrement des comptes aux autorités américaines concernant ses relations avec cet Etat ou cette institution, sous peine de voir ses comptes gelés.

Ces exigences avaient provoqué la colère de Moscou, le président Vladimir Poutine dénonçant une « attaque contre la liberté d’expression » qui appellerait une « riposte adéquate et similaire ».

Washington accuse RT et l’agence de presse Sputnik, contrôlés par l’Etat russe et qui émettent en plusieurs langues, de relayer la propagande du Kremlin, et les soupçonnent d’avoir tenté d’influer sur la campagne pour l’élection présidentielle de 2016.


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Décembre