Philippines – Assassinat des militants des droits de l’homme Elisa Badayos et Eleuterio Moises

Deux militants enquêtant sur des violations présumées des droits de l’Homme ont été abattus aux Philippines, ont déclaré mercredi les autorités, aggravant le « climat d’impunité » dénoncé par les ONG.

Les deux militants, qui enquêtaient sur des accusations d’accaparement de terres de paysans par un maire de l’île de Negros (centre), circulaient en moto lorsque des hommes armés, sur deux autres motos, les ont pris en chasse et ont ouvert le feu mardi, a annoncé la police.

Elisa Badayos, une responsable de l’organisation nationale de défense des droits de l’Homme Karapatan, et Eleuterio Moises, membre d’une organisation paysanne locale, ont été tués et un autre membre de l’équipe d’enquête a été blessé, a ajouté la police.

La police et la commission indépendante des droits de l’Homme du gouvernement ont déclaré qu’ils ouvriraient une enquête après ces meurtres.

Pour Cristina Palabay, secrétaire générale de Karapatan, le double assassinat aggrave le « climat d’impunité » aux Philippines.

« Les hommes de main des propriétaires et des politiciens sont encouragés à commettre des violations des droits de l’Homme, surtout après les déclarations de Duterte qui protège les violateurs des droits de l’Homme présents parmi sa police et son armée », a déclaré à l’AFP Mme Palabay.

Les organisations de défense des droits de l’Homme affirment que les Philippines souffrent d’une culture où des personnes puissantes pensent pouvoir impunément perpétrer des assassinats, y compris de militants ou de journalistes.

Pour les observateurs, la situation a empiré depuis l’arrivée au pouvoir de Rodrigo Duterte l’année passée. Le président philippin multiplie les critiques envers les militants des droits de l’Homme, alors qu’il mène une guerre contre la drogue qui a fait des milliers de victimes.


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Novembre 2017