L’OIM et le HCR veulent vider les centres de détention de migrants en Libye

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) « veulent vider les centres de détentions » des migrants et réfugiés gérés par le gouvernement libyen, a affirmé mardi au Conseil de sécurité le patron de l’OIM, William Lacy Swing.

« L’OIM et le HCR veulent vider les centres de détention. Il y a environ 15.000 personnes dans une trentaine de centres contrôlés par le gouvernement », a déclaré par vidéo-conférence William Lacy Swing, lors d’une réunion demandée par la France sur les migrants en Libye.

« Le gouvernement libyen doit nous donner son accord. Il faut que nous puissions survoler le territoire, atterrir. Nous devons pouvoir utiliser des appareils non libyens de grande taille. Les appareils libyens sont trop petits et il y en a trop peu. C’est une opération d’envergure que nous voulons mener », a précisé le directeur de l’OIM.

« Nous avons besoin de l’appui de l’Union africaine, des principaux pays d’origine de ces personnes. Il faut les enregistrer, leur donner des documents de voyage, que certains pays tiers accueillent certaines personnes » et « nous avons besoin aussi de financement », a-t-il ajouté.

« Le plus important c’est d’arriver à un accord. Et que les pays d’origine donnent des garanties concernant la réinsertion de ces migrants, qui sont pour la majorité des migrants économiques mais il y a aussi un grand nombre de réfugiés fuyant des persécutions de Boko Haram », a précisé William Lacy Swing.

Lors de la même réunion, Filippo Grandi, Haut commissaire de l’ONU aux Réfugiés, a indiqué que le nombre de réfugiés et migrants « aux mains de trafiquants et de passeurs sous la protection de milices connues » était « bien plus grand » en Libye.

« S’attaquer à eux et faire traduire en justice les responsables » aidera le gouvernement libyen à asseoir son autorité, a-t-il estimé. Le responsable de l’ONU a précisé que depuis le début de l’année « près de 1.000 demandeurs d’asile et réfugiés » avaient été libérés. « Les progrès sont modestes, la sécurité reste volatile, l’accès à des endroits clés n’est toujours pas possible et les opérations de l’ONU continuent d’être menées à distance à partir de la Tunisie », a déploré Filippo Grandi.

Selon Paris, des mesures répressives peuvent être décidées contre les auteurs de mise en esclavage de migrants dans le cadre du régime de sanctions de l’ONU en vigueur en Libye. « La France proposera d’aider le comité de sanctions » de l’ONU pour « l’identification des individus et des entités responsables de ces trafics via le territoire libyen », a dit l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre.


Source – AFP

Novembre 2017