La société civile africaine plaide pour l’accès des femmes au foncier

Addis-Abeba, Ethiopie – La société civile africaine plaide pour l’accès des femmes au foncier à l’issue de la deuxième conférence sur le foncier en Afrique tenue cette semaine à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Dans une des recommandations de cette conférence qui porte sur le thème : «L’Afrique que nous voulons: Réaliser la transformation socio-économique à travers un accès inclusif et équitable de la jeunesse à la terre», les représentants de la société civile présents à cette rencontre ont recommandé aux différents acteurs de travailler avec la société civile afin d’oeuvrer pour le changement des mentalités et permettre aux femmes d’accéder à la terre.

Selon les lignes directrices pour l’élaboration de programme d’études sur la gouvernance foncière en Afrique, ces programmes devraient reconnaître les contributions de femmes et veiller à ce que toutes les personnes quel que soient leur sexe, bénéficient et soient émancipées par les politiques et pratiques de développement.

Les programmes d’études devraient élargir l’ensemble des options des approches et des solutions possibles pour renforcer les droits fonciers des femmes en explorant les pratiques prometteuses liées aux doits fonciers des femmes. Ces meilleures pratiques devraient refléter la diversité du continent africain en incluant des pratiques issues de systèmes traditionnels spécifiques favorables aux femmes.

Selon des études, la plus grande partie des terres en Afrique sont régies par des régimes fonciers  qui ne protègent pas de manière explicite ceux dont la vie en dépend, tels que les femmes, les jeunes, les petits producteurs agricoles, les populations autochtones et les communautés dépendant des forets, des pâturages et des autres ressources naturelles.

Cette situation les rend particulièrement vulnérables à la dépossession à travers les Investissements fonciers à grande échelle ( IFGE). La situation s’avère plus déplorable pour les femmes qui d’ailleurs, constituent la majorité des petits producteurs en Afrique.

Cette discrimination foncière fondée sur le genre empêche les femmes de bénéficier des retombées de leur labeur et constitue une contrainte relative au progrès du développement Africain, particulièrement en ce qui concerne le droit à l’alimentation pour tous.

Les IFGE, rappelle-t-on,  conduisent à une compétition accrue pour le foncier et à la commercialisation des terres. La commercialisation des terres confère l’exclusivité à ceux qui peuvent faire valoir leur droit de propriété, tels que les chefs des communautés et les chefs de familles mâles, très souvent au détriment des droits d’accès et d’usage des femmes rurales pauvres.

Dans ces conditions, les femmes sont soumises aux pressions d’exclusions de la part de leurs parents hommes ou des hommes membres  de la communauté.

Les décisions sur le foncier passent subtilement des femmes aux mains des hommes sans que les femmes n’aient un mot à dire. En cas d’indemnisation de la communauté pour des cas de pertes de sources de revenus, les femmes ont moins de chance de bénéficier de telles réparations.

Démarrée mardi, la deuxième conférence sur le foncier en Afrique a pris fin vendredi. Organisée par l’initiative de politique foncière (Land Policy Initiative -LPI), une initiative conjointe de la Commission de l’union africaine(CUA), de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et de la Banque africaine de développement (BAD).

La  rencontre se veut un événement de politique et d’apprentissage destiné à approfondir les capacités d’élaboration de politique foncières en Afrique grâce à un meilleur accès aux connaissances et informations sur l’élaboration des politiques foncières et leur mise en œuvre.


Source PANAPRESS

Novembre 2017