Tunisie – Décès de l’écrivaine, journaliste et militante des droits de l’homme Noura Borsali

L’universitaire, la militante des droits de l’homme, la reporter et l’ex-membre de l’Instance Vérité et Dignité Noura Borsali est décédée dans la nuit du lundi au mardi ont indiqué plusieurs proches.

Universitaire et femme de culture, férue de musique, de théâtre et de cinéma, la Noura Borsal était l’une des plus belles plumes de Tunis, l’une des plus indépendantes et des plus pondérées aussi. Ses chroniques, notamment politiques, frappées du sceau de la culture, de la subtilité et du bon goût, au ton toujours juste et mesuré, nous manqueront certainement beaucoup. A publié le site Kapitalis pour lui rendre hommage.

Militante de gauche et grande féministe, qui a pris part au cours des 40 dernières années aux combats pour les droits des femmes, et pour les droits tout court, elle a écrit de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire de la Tunisie contemporaine.

Critique de cinéma, ancienne présidente de l’Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC), Noura Borsali a beaucoup écrit sur le cinéma tunisien, arabe et africain. On lui doit notamment un essai intitulé ‘‘Ébauche d’un état des lieux de la critique cinématographique au Maghreb’’.

Titulaire d’un DEA de sémiologie de l’université Paris VII, elle a longtemps enseigné les lettres françaises à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales et de Tunis. Noura Borsali a collaboré avec Réalités et Le Maghreb et a été grand reporter en Algérie, en Égypte et au Maroc.

Membre de la Haute Instance pour la protection des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique présidée par Yadh Ben Achour, elle a également fait partie de l’Instance Vérité et Dignité avant d’en démissionner.

Elle est l’auteure d’un ouvrage de référence sur ‘‘Bourguiba à l’épreuve de la démocratie (1956-1963)’’ (Tunis, 2008), fruit d’une enquête fouillée et sans concession sur le coup d’Etat contre Bourguiba de 1962, et ses conséquences: la répression des partisans de Salah Ben Youssef et le sort terrible que le premier président tunisien a réservé aux fellagas.

On lui doit également un ‘Livre d’entretien avec Ahmed Ben Salah’’  (Tunis, 2008), ‘‘Algérie, la difficile démocratie. Regards d’une journaliste tunisienne sur l’Algérie de l’après-octobre 1988’’ (Tunis, 2008), des reportages journalistiques effectués en Algérie, ‘‘Tunisie, le défi égalitaire. Écrits féministes’’  (Tunis, 2012, Prix Zoubeida Bechir de la recherche sur le genre, Credif, Tunis 2013).


Source – Kapitalis avec huffpostmaghreb

Novembre 2017