L’eurodéputée Iratxe Garcia Perez réclame une sanction contre son collègue Korwin-Mikke

L’eurodéputée espagnole Iratxe Garcia Perez a réclamé mardi une sanction du Parlement européen contre des propos jugés sexistes tenus la veille par le député polonais Janusz Korwin-Mikke , déjà épinglé dans le passé, sur le travail des femmes.

« Je demande au Parlement d’étudier ces déclarations pour voir si une sanction est possible, parce que c’est totalement inacceptable », a déclaré la socialiste Iratxe Garcia Perez dans l’hémicycle européen à Strasbourg, en pleine session plénière.

« Ceux qui devraient vraiment rester chez eux sont les misogynes qui ne respectent pas les femmes qui ont décidé d’être libres », a-t-elle ajouté sous les applaudissements d’une partie des autres eurodéputés. Elle vise des propos tenus lundi soir par l’eurodéputé polonais d’extrême droite Janusz Korwin-Mikke lors d’un débat sur l’affaiblissement de la démographie européenne.

« C’est avec surprise que je vois qu’on n’a pas constaté les principales causes de ce changement démographique: c’est parce que le femmes vont travailler et qu’elles ont fort peu d’enfants », avait-il déclaré. « Toute le monde dit que les femmes doivent quitter le foyer. Si, bien sûr, nous ne réglons pas ce problème, à ce moment-là, ça ne sert à rien d’en discuter », avait-il poursuivi.

Ce député de 75 ans avait déjà été privé en mars de 9.210 euros d’indemnité et suspendu pendant dix jours pour avoir notamment affirmé que les femmes devaient gagner moins d’argent que les hommes parce qu’elles sont « plus faibles », « plus petites » et « moins intelligentes » qu’eux.

Les nouveaux propos tenus lundi soir sont « une insulte aux femmes, aux femmes qui ont décidé d’être libres, de travailler à l’intérieur ou à l’extérieur de nos maisons », a répondu mardi Mme Garcia Perez.

M. Korwin-Mikke a ensuite estimé que sa collègue était « contre la liberté d’expression, alors que c’est le pilier de l’UE ».

« Je peux vous assurer que je vais transmettre (votre demande) au président du Parlement pour que nous étudions les déclarations de M. Korwin-Mikke », lui a répondu le Grec Dimitrios Papadimoulis (GUE, extrême gauche), qui présidait la séance.


Source AFP

Novembre 2017