Guinée – Les juges d’instruction ont terminé leurs investigations sur le massacre de 2009

Les juges d’instruction guinéens qui enquêtent sur le massacre du stade de Conakry en 2009 ont transmis le dossier au Parquet, ouvrant la voie à un procès, plus de huit ans après les faits.

Dans un communiqué conjoint, des organisations de défense des droits de l’Homme et des victimes avaient affirmé que les trois juges d’instruction avaient notifié lundi « aux parties la fin de l’information judiciaire ».

Le collège de juges guinéens enquêtant sur le massacre, le 28 septembre 2009, de plus de 150 manifestants et le viol de 100 femmes par les forces de sécurité lors d’une manifestation pacifique ont terminé leur enquête le 9 novembre 2017, a déclaré Human Rights Watch. Cela marque une étape déterminante très attendue afin que justice soit rendue aux victimes.

Le ministère de la Justice a indiqué pour sa part que le pool des juges d’instruction avait transmis le dossier « au procureur de la République près le tribunal de première Instance de Dixinn pour règlement définitif », selon un communiqué.

« La clôture de l’instruction interviendra après les réquisitions du procureur de la République », a souligné le ministère. Joint par VOA Afrique, le ministre de la justice Cheick Sako a déclaré qu’il allait mettre en place un comité de pilotage pour la préparation «matérielle et financière» du procès, qui devrait se tenir «vraisemblablement» en 2018.

Dans leur communiqué, les ONG, dont la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) et l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (Avipa), demandaient le renvoi des 14 prévenus, « dont l’ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara, devant le tribunal de Dixinn, afin de permettre l’ouverture d’un procès dès 2018 ».

Le 28 septembre 2009, des militaires avaient tué au moins 157 personnes et violé 109 femmes, dans un stade de Conakry où étaient rassemblés des milliers d’opposants à la candidature à l’élection présidentielle du chef de la junte de l’époque, Moussa Dadis Camara, selon une commission internationale d’enquête de l’ONU.

Moussa Dadis Camara vit en exil au Burkina Faso, où il a été inculpé en juillet 2015 par des magistrats guinéens pour son implication présumée dans le massacre.

Son ancien aide de camp, Aboubakar Sidiki Diakité, dit Toumba Diakité, extradé du Sénégal vers la Guinée en mars 2017, fait également partie des prévenus.


Source VOA

Novembre 2017