Union africaine – L’Afrique rêve d’une zone de libre-échange respectueuse du genre

Addis-Abeba, Ethiopie – L’Afrique rêve d’une zone de libre-échange respectueuse du genre en vue d’un développement harmonieux du continent, retient-on d’une réunion des experts sur la problématique tenue ce mardi à Addis-Abeba.

En prélude à la dixième session du Comité de la coopération et de l’intégration régionale qui démarre mercredi à Addis-Abeba, des experts ont participé à un atelier continental sur le commerce et le genre, leur permettant de réfléchir sur le rôle des communautés économiques régionales pour promouvoir une mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale respectueuse du genre.

Cet atelier qui a regroupé non seulement des experts externes mais également des représentants des communautés économiques régionales, des représentants de la Commission économique pour l’Afrique (Cea) et de la Commission de l’Union africaine (Cua) vise à offrir aux communautés économiques régionales une plateforme pour partager leurs expériences relatives à l’intégration de la problématique hommes-femmes et discuter des différentes manières d’appuyer les États membres plus efficacement afin d’incorporer les questions de genre dans leurs politiques commerciales et plus spécifiquement dans la concrétisation de la zone de libre-échange continentale.

Les conséquences des accords commerciaux et la politique commerciale en général sont traditionnellement vues comme neutres du point de vue du sexe, ce qui, selon les experts, est contraire à la réalité.

« Si la libéralisation commerciale n’est pas intrinsèquement bonne ou mauvaise en ce qui concerne les inégalités entre les sexes, la problématique hommes/femmes et le commerce s’influencent mutuellement et peuvent amplifier les disparités entre les sexes », indiquent-ils.

Pour reconnaître cette relation de manière significative (et l’utiliser de manière à réduire les disparités entre les sexes, et non pas les accentuer), il est important de faire des questions de genre une partie intégrante des accords commerciaux et de la politique commerciale plutôt que d’y penser après coup, font-ils remarquer.

Les pays africains ont, rappelle-t-on, lancé les négociations de la zone de libre-échange continentale en juin 2015 avec l’intention de les conclure avant la fin de 2017. La zone de libre-échange continentale est un projet ambitieux susceptible de contribuer substantiellement à la dynamisation du commerce intra-africain et au renforcement de la position de l’Afrique sur le marché mondial. Étant donné les changements anticipés dans les dynamiques commerciales sur le continent et entre l’Afrique et les pays à l’extérieur de la région, la capacité des pays africains à prendre en compte les questions de genre dans leurs politiques commerciales est cruciale.

Les communautés économiques régionales africaines forment la colonne vertébrale du processus de négociation de la zone de libre-échange continentale et peuvent jouer un rôle important pour aider et soutenir leurs États membres à mettre en œuvre des stratégies tenant compte des disparités entre les sexes.

Le Comité de la coopération et de l’intégration régionales a été créé par la résolution 827 (XXXII) de la Conférence des ministres de la Commission économique pour l’Afrique (Cea). Il se réunit tous les deux ans au siège de la Cea pour examiner les travaux entrepris pendant l’exercice biennal en cours au titre du sous-programme relatif à l’intégration régionale et au commerce. Il saisit également cette occasion pour passer en revue les faits nouveaux dans ces domaines sectoriels et faire des recommandations censées orienter les travaux susmentionnés.

La dixième session de ce comité qui se tiendra mercredi et jeudi dans la capitale éthiopienne aura à examiner le programme de travail 2016-2017 et réfléchir aux travaux à mener pendant l’exercice biennal à venir.

Pour Adama Coulibaly de la Division de l’intégration régionale et du commerce de la CEA : « Les objectifs des réunions consistent à examiner, à délibérer sur les développements, les risques et les perspectives récents dans des domaines sectoriels spécifiques en ce qui concerne le vaste domaine qu’est l’intégration régionale et à formuler des recommandations qui orienteront le travail en cours de la Division de l’intégration régionale et du commerce (Ritd), de la Commission économique pour l’Afrique ».

Les domaines programmatiques qui seront envisagés comprennent le commerce international et intra-africain et les négociations connexes, les développements récents, les risques et les perspectives à l’appui de l’intégration régionale; la sécurité alimentaire, l’agriculture et la gestion foncière en Afrique; l’industrialisation, les infrastructures et l’investissement en Afrique.


Source PANAPRESS

Novembre 2017