Boris Johnson accusé d’avoir porté préjudice à Nazanin Zaghari-Ratcliffe détenue en Iran

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, était sous le feu des critiques mardi pour des propos susceptibles de porter préjudice à une Irano-Britannique condamnée en Iran pour appel à la sédition, à tort selon sa famille et son employeur.

Le chef de la diplomatie a déclaré devant une commission parlementaire, le 1er novembre, que Nazanin Zaghari-Ratcliffe formait des journalistes en Iran lors de son arrestation le 3 avril 2016, alimentant les accusations portées contre elle par Téhéran.

Faux, selon son mari et son employeur, la Fondation Thomson Reuters, qui a exhorté Boris Johnson à « corriger immédiatement sa grave erreur ».

« C’est faux puisqu’elle n’est pas journaliste et qu’elle n’a jamais formé de journalistes à la Fondation Thomson Reuters », a déclaré Monique Villa, directrice de cette émanation de l’agence canado-britannique du même nom, dans un communiqué.

« Elle était en vacances en Iran pour présenter sa fille Gabriella à ses grands-parents », a-t-elle poursuivi.
« Comme son mari Richard Ratcliffe, je vois une corrélation directe entre la déclaration de Boris Johnson (…) et le fait que Nazanin ait de nouveau été présentée devant un tribunal le 4 novembre et accusée de diffuser de la propagande contre le régime ». « Cette accusation (…) ne peut qu’alourdir sa peine », a-t-elle estimé.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a indiqué que Boris Johnson avait l’intention d’appeler son homologue iranien « pour s’assurer que ses propos ne sont pas mal interprétés ».
Ses commentaires « ne peuvent justifier de nouvelles accusations portées contre Nazanin Zaghari-Ratcliffe », a-t-il précisé dans un mail, ajoutant que Londres continuerait à faire « tout ce qu’il peut pour obtenir sa libération pour motifs humanitaires ».

Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 38 ans, avait été condamnée en septembre 2016 à cinq ans de prison pour participation à des manifestations anti-régime en 2009, ce qu’elle nie. Sa peine, qui avait été confirmée en appel, risque déjà d’être rallongée de 16 ans après de nouvelles accusations portées par le régime iranien en octobre, selon la Fondation Thomson Reuters.


Source AFP

Novembre 2017