Canada – Valérie Plante devient la première mairesse de Montréal

Montréal, Canada – Un peu plus de 51% des électeurs ont voté en faveur de Valérie Plante à la mairie de Montréal. La femme de 43 ans devient ainsi la première mairesse élue de Montréal.

«375 ans après Jeanne Mance, Montréal a enfin sa première mairesse», s’est félicitée Valérie Plante, sous les acclamations de ses partisans réunis dimanche soir au Théâtre Corona. Elle devient du coup la 45e personne à occuper la mairie de Montréal.

Pour Projet Montréal, la victoire est totale puisque le parti a de plus réussi à faire élire une majorité de conseillers à l’hôtel de ville. Au moment de publier en ligne, Projet Montréal avait obtenu – ou était en avance – 34 des 65 sièges du conseil municipal.

Valérie Plante s’est engagée à changer l’approche de la Ville de Montréal auprès de ses citoyens, disant vouloir les écouter davantage. «Nous avons démontré qu’il ne fallait pas prendre les Montréalais pour acquis», a-t-elle dit. Elle a ajouté qu’«un changement de ton s’impose, de priorités aussi».

La nouvelle mairesse a aussi eu quelques mots pour rassurer la communauté des affaires, le Montréal Inc. ayant principalement appuyé son rival. «Montréal est ouverte aux affaires», a-t-elle assuré.

Dans son discours concédant la victoire à Valérie Plante, Denis Coderre a quant à lui annoncé qu’il quittait la politique municipale. Il n’occupera donc pas le poste de sa colistière, Chantal Rossi, élue dans Montréal-Nord. Reste donc à savoir qui le parti Équipe Coderre désignera pour devenir chef de l’opposition.

Denis Coderre a adressé peu de mots à Valérie Plante, se contentant de lui souhaiter «bonne chance». Il en a plutôt profité pour défendre son bilan. «Ça fait bien rire les caricaturistes, mais ces cônes orange étaient le début de la transformation de Montréal», a-t-il lancé.

Importants défis

D’importants défis attendent Valérie Plante à la mairie. «Nous avons énormément de travail à faire pour les quatre prochaines années», a-t-elle dit dans son discours.

Maintenant aux commandes d’une ville minée par les problèmes de circulation, celle-ci s’est engagée en campagne à faire de son premier geste la commande de 300 nouveaux autobus hybrides pour améliorer le service du réseau de surface de la Société de transport de Montréal.

Mais son plus important chantier à ce chapitre s’annonce sous terre. Valérie Plante a ainsi dit qu’elle comptait rapidement s’entretenir avec les gouvernements à Québec et Ottawa afin de lancer les études pour l’aménagement de la ligne rose de métro, entre Montréal-Nord et Lachine, sa promesse phare en campagne.

Valérie Plante a d’ailleurs souligné dans son discours dimanche soir qu’on ne peut plus construire de nouvelles autoroutes à Montréal. «Mais on peut construire plus de stations de métro.»

Pour l’épauler dans son travail, Valérie Plante pourra compter sur une majorité au conseil municipal. Benoit Dorais, qu’elle a présenté comme son président du comité exécutif, a été facilement réélu à la mairie du Sud-Ouest, avec 72% des votes. Tous les poids lourds de son parti ont aussi été réélus, dont Émilie Thuillier, à la mairie d’Ahuntsic-Cartierville, qui avait été pressentie pour présider l’exécutif.

En défaisant Denis Coderre, Valérie Plante ajoute une autre étonnante victoire à son tableau. Contre toute attente, elle avait d’abord réussi à battre l’ex-ministre Louise Harel en 2013 dans le district de Sainte-Marie. Puis en 2016, elle avait défait Guillaume Lavoie dans la course à la direction de Projet Montréal, lui qui avait pourtant été appuyé par la quasi totalité des élus du parti.

«Je n’ai jamais perdu une course de ma vie», avait dit Valérie Plante à La Presse durant l’élection.

Et elle en a fait la preuve dimanche soir. Jouissant d’une faible notoriété, Valérie Plante a lancé sa campagne à la mairie en août pour mieux se faire connaître des Montréalais, un véritable marathon de près de trois mois. De sondage en sondage, la cheffe de Projet Montréal a gagné des points pour arriver au coude-à-coude en fin de course.

Force est de constater que ses appuis ont continué à augmenter dans la dernière semaine, celle-ci ayant gagné avec cinq points d’avance sur son adversaire. Denis Coderre a connu une dernière semaine de campagne difficile, éclaboussé notamment par le dévoilement du faible nombre de billets vendus lors de la première édition de la Formule E.

Jalon historique pour les femmes

La victoire de Valérie Plante marque aussi un jalon historique puisqu’elle devient la première femme à être élue à la tête de Montréal. Jane Cowell-Poitras a déjà siégé comme mairesse, mais pendant seulement sept jours en juin 2013, à la suite de l’arrestation et de la démission de Michael Applebaum.

Deux autres femmes s’étaient approchées de la mairie, sans parvenir à se faire élire. En 2009, Louise Harel avait terminé deuxième derrière Gérald Tremblay. En 2013, c’était au tour de Mélanie Joly de surprendre en sortant de l’anonymat pour se hisser deuxième dans la course à la mairie.

Rappelons que la première femme à faire son entrée au conseil municipal, Jessie Kathleen Fischer, a été élue en 1940. Il avait fallu ensuite attendre jusqu’en 1990 avant de voir une première femme devenir présidente du comité exécutif, soit Léa Cousineau sous Jean Doré.


Source lapresse.ca

Novembre 2017