RD Congo – La société civile se dit prête à prendre la relève du président Joseph Kabila

La société civile est en mesure d’assurer l’après-Kabila en République démocratique du Congo, a estimé jeudi Justine Masika Bihamba, fondatrice de l’organisation Synergie des femmes, qui demande également à la mission de l’ONU de faire davantage pour la sécurité.

La tension politique est vive en RDC en raison du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a expiré depuis fin 2016. Des élections devaient se tenir avant fin 2017 mais la non-publication d’un calendrier électoral rend impossible leur tenue avant la fin de l’année.

Les Etats-Unis ont récemment exigé un scrutin en 2018 alors que l’année 2019 a été récemment évoquée dans le pays. La Constitution interdit à M. Kabila de se représenter mais la justice l’a autorisé à rester à la tête du pays jusqu’à l’élection de son successeur.

« Kabila doit partir. Il ne se préoccupe pas du peuple » et « la société civile est en mesure » d’assurer la relève, a affirmé à l’AFP Justine Masika Bihamba, venue à New York rencontrer des responsables des Nations unies et des entreprises caritatives pouvant contribuer à financer les différents projets de Synergie des femmes.

Soutenu par l’ONG internationale Donor Direct Action, cet organisme est une plate-forme regroupant 35 organisations féminines avec 65 représentantes dans les 26 provinces que compte la RDC.

Il intervient dans plusieurs domaines: « les conséquences des violences sexuelles, l’exploitation illégale des ressources naturelles dans les minerais qui alimente les conflits », « la non-réforme du système de sécurité » et « les coutumes et traditions qui considèrent la femme comme inférieure à l’homme ».

Dans le domaine sécuritaire, Justine Masika Bihamba considère que les Casques bleus de l’ONU dans le pays pourraient faire bien davantage « quand on voit leurs moyens ». Ils disposent du droit de recourir à la force et devraient l’utiliser plus souvent pour lutter contre les groupes armés, selon elle.

Synergie des femmes travaille aussi au profit de la jeunesse, pour lui apprendre à lire et à écrire, et tente de rendre les femmes autonomes, via notamment le commerce informel et le micro-crédit. Des changements de mentalité sont possibles en RDC, a estimé la responsable en citant des attitudes positives de certains groupes religieux et chefs coutumiers.


Source VOA avec AFP

Novembre 2017