Maroc – Le Grand Prix Atlas 2017 décerné à l’essayiste Asma Lamrabet

Le Prix Grand Atlas dans sa 24ème édition a été décerné, vendredi soir lors d’une cérémonie organisée à la Bibliothèque nationale du Royaume, à Asma Lamrabet pour son ouvrage « Islam et Femmes, les questions qui fâchent ».

Le prix spécial du jury, présidé par la romancière marocaine Leïla Slimani, a été accordé, quant à lui, au journaliste Hicham Houdaifa pour son livre Extrémisme religieux: Plongée dans les milieux radicaux au Maroc.

Annonçant les lauréats, Leïla Slimani a souligné qu’en octroyant le prix Grand Atlas à Asma Lamrabet, le jury a voulu « saluer la rigueur et la pertinence de la recherche », notant que ce livre, didactique et bien construit, pose des questions essentielles et remet en cause un certain nombre d’évidences, de clichés, « qu’il nous parait salvateur de déconstruire ».

« Dans la lignée de la tradition de la Nahda, Asma Lamrabet ouvre une voie novatrice et inspirante, en cherchant à l’intérieur des textes religieux une réponse à des problématiques aussi brûlantes que l’égalité entre les sexes, l’héritage des femmes, la question du voile ou la polygamie », a-t-elle relevé.

Selon Leïla Slimani, Prix Goncourt 2016 pour son roman Chanson douce, ce prix vient récompenser aussi le courage des prises de position que l’auteur expose dans un style direct et franc.

 

Dans une déclaration à la MAP, la lauréate du prix Grand Atlas s’est dite « honorée et ravie » de recevoir cette distinction, notant que dans son ouvrage, qui est un message fort sur des problématiques d’actualité, elle propose des « solutions et des approches nouvelles pour dépasser une vision traditionaliste et assez archaïque qui pose problème ».

Dans son discours, Leila Slimani a mis en avant le rôle de l’intellectuel en tant qu’acteur important du développement des sociétés, en rappelant les défis que l’écrivain engagé, critique de sa société et de son environnement, est appelé à relever, au quotidien, dans l’exercice de son activité.

Pour cette 24e édition du Prix Grand Atlas, six essais francophones étaient en lice pour ce prix à savoir L’héritage des femmes, de Siham Benchekroun (Empreintes), Tayeb Sadiki. Le bon, la brute et le théâtre, d’Ahmed Massaia (Virgule), Une saison ardente. Souffles 50 ans après, ouvrage collectif (Sirocco), Islam et femmes, les questions qui fâchent, d’Asma Lamrabet, (En toutes lettres), Extrémisme religieux, de Hicham Houdaifa, (En toutes lettres) et Comprendre la monarchie marocaine, de Omar Saghi (La croisée des chemins).

Créé par l’ambassade de France en 1991 pour promouvoir l’édition marocaine, la 24e édition du Prix Grand Atlas était organisée cette année, en partenariat avec la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc.


Source huffpostmaghreb

Novembre 2017