Lutte contre les agressions sexuelles au sein de l’humanitaire : Oxfam prend des mesures

Vingt-deux membres du personnel de l’organisation caritative Oxfam soupçonnés de harcèlement sexuel ont été renvoyés au cours de l’année écoulée, a annoncé mardi l’ONG, après la publication de témoignages dans la presse.

Ces révélations surviennent alors que les accusations d’agression sexuelle visant le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein ont incité de nombreuses victimes à témoigner via des initiatives telles que #Balancetonporc ou #MeToo.

Oxfam, qui emploie 5.000 personnes à travers le monde, dit avoir traité 87 plaintes pour exploitation ou agression sexuelles à l’encontre de ses employés entre avril 2016 et avril 2017, soit une hausse de 36% par rapport à l’an dernier. « Oxfam traite toutes les affaires d’agression ou d’exploitation sexuelle très au sérieux », assure l’ONG dans un communiqué, expliquant cette hausse par une amélioration des procédures de plainte et de signalement.

Les donateurs appelés à être plus regardant

Megan Nobert, fondatrice de la campagne « Report the Abuse », qui lutte contre les agressions sexuelles dans les zones humanitaires, appelle les donateurs à réfléchir à deux fois avant de financer une ONG.

« Les donateurs et les services publics doivent se poser plus de questions sur les personnes à qui ils donnent des fonds », a-t-elle déclaré à la Fondation Thomson Reuters.

Megan Nobert a été violée par un de ses collègues alors qu’elle travaillait dans une base de la mission de maintien de la paix de l’Onu au Soudan du Sud.

« Les comportements inappropriés sont répandus dans la communauté humanitaire. » avertit la travailleuse humanitaire.

« Le sexisme est très présent et les hommes se comportement comme des cowboys », souligne-t-elle.

La promiscuité dans les zones à risque « crée des situations où les lignes sont franchies », ajoute-t-elle.

Une étude qui en dit long

Près d’une travailleuse humanitaire sur deux a déjà subi des avances sexuelles ou des attouchements non consentis au moins une fois au cours de sa carrière, selon une étude de 2016 réalisée auprès de 1.000 femmes employées dans 70 ONG.

Moins d’un tiers d’entre elles signalent ces incidents à leur hiérarchie, généralement de peur que cela n’affecte leur carrière. Les autres citent la peur de ne pas être crue, la honte ou l’absence de dispositif comme argument.


Revue de presse avec Reuters et AFP

Octobre 2017