Assassinat de Kim Wall: les découvertes contredisent la version des faits de Peter Madsen

Danemark – Dans l’enquête sur le meurtre de la journaliste suédoise Kim Wall, les policiers multiplient les découvertes, qui contredisent l’hypothèse d’un accident défendue par l’inventeur Peter Madsen, suspect numéro un dans cette affaire.

Lors d’une conférence de presse, tenue le samedi 7 octobre dernier, l’inspecteur de police Jens Moller-Jensen, chargé de l’enquête sur le meurtre de la journaliste Kim Wall, disparue le 10 août à bord d’un sous-marin, a annoncé que des membres de la victime avaient été repêchés, la veille, dans la baie de Koge, au sud de Copenhague. 

Les plongeurs ont pu retrouver des sacs en plastique, lestés de métal, contenant la tête de la journaliste, ses jambes, ses vêtements, ainsi qu’un couteau.

Or, selon les premières observations, le crâne n’aurait subi aucune fracture ou blessure majeure – une découverte qui va à l’encontre des déclarations de Peter Madsen. L’inspecteur Jensen a ajouté que la police poursuivrait ses recherches pour retrouver ses bras.

Mi-septembre, devant le tribunal de Copenhague, l’inventeur danois, propriétaire du submersible Nautilus qu’il avait conçu, clamant son innocence, avait affirmé que la journaliste était morte accidentellement, après avoir reçu une trappe en acier de 70 kg sur la tête. Souffrant d’une « psychose suicidaire », il aurait alors jeté son corps – toujours entier – à la mer, avant de saborder le sous-marin.

Le 21 août, la police a retrouvé le tronc de la jeune femme. L’autopsie n’a pas encore permis de confirmer les causes de sa mort. Mais lors d’une nouvelle audience devant le tribunal de Copenhague, le 3 octobre, le procureur, Jakob Buch-Jepsen, a évoqué « des blessures qui indiquaient qu’elle avait été victime de violence ». Son abdomen a été poignardé à quatorze reprises. Dix coups ont été portés au bas-ventre.

Dans le sous-marin, les enquêteurs ont retrouvé des cheveux, du sang et les sous-vêtements de la journaliste, ainsi que des traces de son ADN sur le cou, la main droite et le nez de Peter Madsen.

Ils ont également découvert, sur l’ordinateur de l’ingénieur, des vidéos de femmes pendues et décapitées : des scènes « réelles », a souligné le procureur, précisant qu’elles n’avaient pas été filmées par le suspect, mais qu’elles indiquaient « un intérêt pour le fétichisme, la torture et le meurtre ».

Détenu depuis le 11 août, Peter Madsen est inculpé de meurtre et atteinte à l’intégrité d’un cadavre. Malgé un large faisceau d’indices à charge Madsen, il se dit innocent.

Le dernier sujet de la journaliste Kim Wall

Le 10 août, Kim Wall avait embarqué à bord du sous-marin UC3 Nautilus, un submersible conçu et construit par Peter Madsen. La journaliste indépendante souhaitait faire le portrait de cet ingénieur autodidacte obsédé par la conquête des mers et de l’espace.

Journaliste indépendante, Kim Wall, âgée de 30 ans avait collaboré avec plusieurs organes de presse.

La famille et les proches de Kim Wall créé un bourse au nom de la défunte.

 

Un mystère qui amène à un autre 

La police a également indiqué qu’elle réexaminait l’affaire non résolue d’une touriste japonaise dont le corps mutilé avait été découvert dans un port de Copenhague en 1986, pour vérifier si elle pouvait avoir un lien avec l’affaire Kim Wall. Les jambes de Kazuko Toyonaga, 22 ans, avaient été découvertes dans un sac en plastique flottant dans les eaux.


Revue de presse avec le Monde

Octobre 2017