France – Le Grand prix Ruban Rose décerné à la chercheuse Fatima Mechta-Grigoriou

Avec ce Grand Prix, l’association « Le Cancer du Sein, Parlons-en ! » récompense la persévérance d’une chercheuse qui consacre depuis plusieurs années ses recherches aux femmes atteintes de cancer du sein notamment. Fatima Mechta-Grigoriou, est chef de l’équipe « Stress et cancer » au sein de l’unité 830 Inserm « Génétique et biologie des cancers » à l’Institut Curie.

Après avoir passé plus de 10 ans à l’Institut Pasteur, Fatima Mechta-Grigoriou, Directrice de Recherche Inserm, décide de rejoindre l’Institut Curie en 2005. Pourquoi ? Car la proximité de l’hôpital va lui permettre d’orienter une partie des recherches de son équipe Stress et cancer vers la cancérologie.

Le succès est au rendez-vous. Grâce à une collaboration étroite avec les cliniciens, son équipe met en évidence qu’un stress oxydant chronique stimule le développement tumoral, mais qu’il peut, dans le même temps, aussi améliorer la réponse à certaines chimiothérapies, dont les Taxanes couramment utilisés dans les traitements des cancers du sein et de l’ovaire. Son équipe a ainsi identifié différents mécanismes impliqués, et liés à des processus cellulaires variés, associés au métabolisme, au cannibalisme cellulaire ou à la réponse aux dommages de l’ADN.

En ligne de mire : un marqueur pour les cancers TN

Ces dernières années, Fatima Mechta-Grigoriou a fait des cancers du sein les plus agressifs à ce jour, à savoir les triple-négatif (TN) et les HER2, son combat au quotidien.

« Pour ces derniers, explique la chercheuse, on dispose de thérapies ciblées, notamment Herceptin, qui ont changé la donne quant au pronostic. Toutefois, des résistances apparaissent, d’où la nécessité pour ces cancers de poursuivre la recherche de nouvelles pistes thérapeutiques. »

Les cancers du sein TN représentent 10 % à 20 % des cancers du sein. Leur spécificité : ils ne possèdent pas de récepteurs hormonaux et ne surexpriment par HER2. C’est une priorité aux yeux de la chercheuse. En effet aucune thérapie ciblée efficace n’est disponible à ce jour pour traiter les femmes atteintes de ce cancer du sein.

Contrairement aux cancers HER2 qui disséminent principalement dans les ganglions, les cancers TN développement des métastases. La chimiothérapie est donc pour le moment le seul traitement pouvant être proposé aux femmes avec un cancer qui s’est propagé. Si certaines patientes répondent à la chimiothérapie, d’autres pas. En outre une majeure partie des femmes chez la chimiothérapie est efficace dans un premier temps vont ensuite développer des résistances.

Il y a quelques mois, Fatima Mechta-Grigoriou et son équipe Stress et cancer (Inserm/Institut Curie, labélisée Ligue nationale contre le cancer) ont mis au jour un marqueur de la sensibilité à la chimiothérapie. « La baisse de la protéine H2AX sous chimiothérapie apparaît comme un indicateur de l’efficacité du traitement et de la survie chez les patientes atteintes de cancer du sein TN », souligne la chercheuse.

L’équipe de Fatima poursuit également ses travaux à la recherche de stratégies pour venir à bout des cancers TN. En 2014 avec son équipe, elle avait mis en évidence le potentiel de la chloroquine, un antipaludéen, connu pour bloquer l’autophagie, un mécanisme cellulaire fortement impliqué dans la progression et la résistance à la chimiothérapie des cancers du sein TN. Son idée : le prescrire en complément des chimiothérapies – à l’exception des taxanes – pour accroître leur efficacité. Et la chercheuse poursuit son combat sur les cancers du sein TN .


Copyright – Institut Curie par Céline Giustranti

Octobre 2017