Maroc – Women in Africa en faveur de entrepreneuriat féminin en Afrique

Le premier sommet Women in Africa (WIA), qui vise à encourager les entreprises internationales et panafricaines à identifier, rassembler, et accompagner les talents féminins, s’est ouvert lundi à Marrakech.

Plus de 400 personnes, majoritairement des femmes, des quatre coins de l’Afrique mais aussi du monde, ont réuni leur expertise et leur savoir pour trouver ensemble des réponses aux problématiques majeures qui freinent l’Afrique dans ses efforts de développement.

Le premier sommet annuel de Women in Africa a été ouvert par un discours de Madame Aude de Thuin, spécialiste des questions de femmes sur les sujets économiques et de société.

Un women empowerment plus fort que jamais

Depuis plusieurs années, les femmes africaines prennent pleinement conscience de leur rôle essentiel dans le développement économique du continent et sont devenues une personnification de l’espoir pour toutes les nations africaines. Une multitude de femmes influentes africaines, d’entrepreneurs, d’ONG mais aussi des jeunes leaders de la société civile ont été invités au sommet WIA à joindre leur force afin de créer ensemble une communauté forte pour une Afrique inclusive.

Cette communauté d’experts et de talents a pour ambition de démontrer la nécessité d’une nouvelle gouvernance avec les femmes africaines.

« Les femmes ne veulent pas le pouvoir pour le pouvoir, mais une meilleure complémentarité et visibilité dans les postes stratégiques. Et aussi un juste équilibre avec les hommes. Ils doivent marcher avec nous, nous marcherons avec eux », explique la femme d’affaires et activiste nigériane Chidiogo Akunyili, maîtresse de cérémonie pour l’occasion.

Madame Binta Toure Ndoye, PDG du groupe Orabank au Mali, explique que « l’ambition doit briser le plafond de verre au dessus des femmes ». Selon elle, c’est en finançant leurs idées et projets qu’on leur permettra de se libérer et d’intégrer d’importantes infrastructures, au même titre que les hommes.

« Les femmes doivent être audacieuses, ne pas attendre l’approbation des hommes », avance pour sa part la sénatrice algérienne Hafida Benchahida. Elles ont toutes, à l’unanimité, appelé à se sortir de l’oppression machiste pour oser mener des combats dans des domaines jusque-là masculins et optimiser le rôle des femmes dans le développement économique et social.

Des masterclasses, des laboratoires et ateliers ont eu lieu durant ces trois jours afin d’explorer le leadership autour de la thématique : « Investir pour une meilleure gouvernance avec les femmes africaines ».

Plusieurs laboratoires sur des sujets comme l’éducation, l’entrepreneuriat, l’énergie, l’agriculture, l’eau, la finance ou encore la nutrition ont été organisé. Les résultats des délibérations de ces débats et recherches seront présentés aux Nations unies, à la Commission européenne et devant les gouvernements africains.

L’économie sociale et solidaire plébiscité

« À travers l’économie sociale et solidaire, nous avons un véritable levier de développement », a déclaré le ministre du Tourisme, du Transport aérien, de l’Artisanat et de l’Économie sociale, Mohammed Sajid, lors de la pré-ouverture du sommet lundi matin à l’université Cadi Ayyad de Marrakech. Ce modèle économique qui présente une alternative au libéralisme globalisé permettrait de booster le développement de l’Afrique de manière durable dans de nombreux domaines et dans les milieux urbains et ruraux, en confiant une autonomie économique aux femmes.

Le milieu rural a fait l’objet de nombreuses discussions durant le sommet.

Améliorer les conditions de vie des femmes dans ce milieu est une nécessité, mais surtout un combat dans lequel s’activent des femmes au quotidien. « Il faut donner de la voix aux gens qu’on n’entend pas. Il faut valoriser ces initiatives, que les gouvernements les fasse grandir », avance Lamia Bazir, présidente de l’Association pour les femmes rurales.

Elle ajoute qu’il faut donner de la visibilité aux femmes des milieux ruraux car elles ont aussi le potentiel d’être des leaders et a, par ailleurs, lancé un programme « Empowering Women in the Atlas », qui a offert la possibilité à 100 femmes issues de villages du Moyen-Atlas de poursuivre des études universitaires.

Figurant parmi les trois piliers de l’initiative Women in Africa, WIA Philanthropy est un fonds de dotation qui encourage le développement d’entreprises créées par des jeunes femmes africaines.

Pour cette première année, en étroite collaboration avec le cabinet de conseil Roland Berger, un appel à candidatures de projets entrepreneuriaux a été lancé sur l’ensemble du continent. L’objectif consiste à donner une visibilité accrue aux jeunes entrepreneures en Afrique et dans le monde et à favoriser leurs mises en relation avec des clients, partenaires et investisseurs potentiels.

Les 16 entrepreneures sélectionnées ont été invitées à prendre part au premier Sommet de WIA pour présenter leurs projets.

African man of the year

Women in Africa, en partenariat avec le cabinet Déclic, Conseil en RSE, a tenu à récompenser d’un prix les hommes qui s’impliquent à promouvoir le rôle de la femme et qui prennent en compte le genre dans les paysages socio-économiques africains.

Le lauréat cette année est le Fondateur et président d’Ashesi University (Ghana), Dr. Patrick Awuah. Fondateur de Ashesi University, il aide les jeunes ghanéens et africains à accéder à des postes de gouvernance dans leurs pays. Son université propose un programme d’ingénierie inclusif qui a pour objectif d’augmenter la présence de femmes dans les domaines des sciences et des nouvelles technologies, puis de faciliter ainsi leur accès à des positions de leadership en Afrique.

Le sommet a pris fin après trois jours de débats, de discussions mais surtout de partages. En attendant d’édition de l’année prochaine, Women in Africa poursuit d’autres activités en parallèle à travers le WIA Club, WIA Institute et WIA Philantrophy.

A l’issue de l’assemblée annuelle à Marrakech, le club WIA et ses partenaires présenteront les résultats des feuilles de route par secteur, à la conférence « Back from Morroco » à Addis Ababa en Ethiopie, en Novembre 2017.


Revue de presse avec huffpostmaghreb

Septembre 2017