Turquie – Nuriye Gülmen en grève de la faim a été placée de force en soins intensifs

Nuriye Gülmen, une universitaire en grève de la faim depuis plus de six mois pour contester son limogeage a été placée de foorce en soins intensifs dans la nuit de lundi à mardi, deux jours avant la reprise de son procès, selon ses proches.

Nuriye Gülmen, qui était détenue à l’hôpital du complexe pénitentiaire de Sincan, près d’Ankara, a été « emmenée de force aux soins intensifs (…) vers deux heures du matin », selon un communiqué diffusé par ses proches.

Pour protester, Nuriye Gülmen a entamé une grève de la faim le 9 mars avec Semih Özakça, un instituteur limogé de la même manière, mais tous deux ont été incarcérés fin mai, accusés d’appartenance à un groupuscule d’extrême gauche, le DHKP-C, classé comme « terroriste » par Ankara.

Au terme d’une première audience le 14 décembre, le tribunal a prononcé le maintien en détention des deux enseignants. Le procès doit reprendre jeudi.

« Nuriye (Gülmen, ndlr) n’accepte pas ces soins et poursuit sa grève de la faim », affirme à l’AFP Esra Özakça, épouse de M. Özakça, qui estime que l’objectif de son déplacement est « d’empêcher (Nuriye) d’assister à son procès ».

Selon Mme Özakça, elle-même en grève de la faim depuis l’incarcération de son époux, il n’y a pas eu d’évolution récente dans l’état de santé de Mme Gülmen qui justifie un placement en soins intensifs.

Mme Gülmen a perdu 18 kilos depuis le début de sa grève de la faim, et Semih Özakça en a perdu 33.
« Si la situation de Nuriye est si grave qu’il faut la placer en soins intensifs, pourquoi la maintenez-vous en détention ? », s’est interrogé mardi sur Twitter le Bureau des droits du peuple (HHB), un cabinet d’avocats.

Plus de 50.000 personnes ont été arrêtées en Turquie lors de purges lancées après le putsch manqué.


Source AFP

Septembre 2017