Les dirigeants du monde entier s’engagent à s’attaquer à la crise mondiale de l’éducation

Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, la Vice- Secrétaire générale des Nations Unies, Amina Mohammed, les chefs d’Etat de France, de Norvège, du Malawi et du Sénégal et d’autres dirigeants se sont engagés à affronter la crise mondiale de l’éducation qui affecte des millions d’enfants et menace le progrès, lors d’un événement de haut-niveau à New York.

Près de 264 millions d’enfants et d’adolescents ne sont pas scolarisés et seulement un jeune sur douze dans les pays à faibles revenus est susceptible d’acquérir des compétences du niveau secondaire. Bien que des progrès aient été enregistrés en matière d’égalité des genres dans les pays les plus pauvres, les filles privées d’accès à une éducation de qualité restent beaucoup plus nombreuses que les garçons.

« Investir dans l’éducation est le moyen le plus efficace de stimuler la croissance économique, d’améliorer les compétences et les opportunités pour les jeunes femmes et hommes et de permettre de progresser dans la réalisation des 17 Objectifs de développement durable. Financer l’éducation est en effet le meilleur investissement que nous puissions faire », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres.

Intitulé « Financer l’avenir : Education 2030 », cet événement avait pour objectif de garantir un engagement politique et des investissements en faveur d’une éducation de qualité pour la petite enfance et dans l’enseignement primaire et secondaire. Il était co-organisé par la Norvège, la France, le Malawi et le Sénégal, en partenariat avec la Commission sur l’éducation, le Partenariat mondial pour l’éducation, le Fonds Malala, ONE Campaign, l’UNICEF et l’UNESCO.

« J’ai décidé de faire de l’éducation une des premières priorités de la politique étrangère et de développement française. L’éducation mérite notre ambition collective. Avec le Sénégal, l’ONU et le Partenariat Global pour l’Education, nous augmenterons les engagements mondiaux l’an prochain à Dakar à la conférence du partenariat global pour le financement de l’éducation », a déclaré Emmanuel Macron, le Président français.

« L’éducation, celle des filles en particulier, est l’investissement le plus rentable pour le développement durable. C’est la raison pour laquelle la Norvège a doublé son soutien financier à l’éducation au cours des quatre dernières années », a déclaré Erna Solberg, Première ministre de Norvège. Réélue pour un deuxième mandat la semaine dernière, elle a affirmé vouloir poursuivre son engagement en faveur de l’éducation. Elle a également souligné l’importance du travail effectué au niveau national, insistant sur le fait que « le travail le plus important est effectué au sein de chaque pays ». La Première ministre a par ailleurs déclaré que le succès de la reconstitution des ressources pour le Partenariat mondial pour l’éducation et les efforts consentis pour instaurer un mécanisme international de financement seront déterminants pour combler les besoins en financement de l’éducation.

« Permettre à tous les enfants d’accéder à l’éducation, et pas seulement à quelques-uns, est le combat civique de notre temps. Alors que nous sommes confrontés à la plus grave crise des réfugiés depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et que 2% de l’aide humanitaire est allouée à l’éducation, il est vital que nous mutualisions les fonds pour permettre à tous les enfants de bénéficier d’une éducation, notamment ceux qui en sont exclus : les enfants réfugiés », a déclaré Gordon Brown, Envoyé spécial des Nations Unies pour l’éducation mondiale, Président de la Commission pour l’éducation.

« En finançant l’Education ne peut attendre pour répondre à ces urgences ; en soutenant le Partenariat mondial pour l’éducation afin de bâtir des systèmes éducatifs solides et en dotant son fonds de deux milliards de dollars d’ici 2020 ; en mettant en place un mécanisme international de financement sur la durée, nous pouvons combler les besoins en matière de financement. Financer notre objectif en éducation fera beaucoup plus que placer un enfant derrière un pupitre. Cela créera des opportunités et redonnera de l’espoir », a poursuivi Gordon Brown.

« Investir dans l’éducation est très rentable et les bénéfices vont bien au-delà des cas individuels. L’amélioration des résultats scolaires, en particulier ceux des filles et des femmes, réduit la pauvreté et favorise la prospérité économique, améliore la situation sanitaire et favorise la paix et la sécurité. Nous devons investir dans l’éducation aujourd’hui. Nous le devons aux enfants du monde. La conférence à venir sur le financement du Partenariat mondial sur l’éducation sera l’occasion pour les donateurs et les pays en développement de tenir leurs engagements », a déclaré Julia Gillard, Présidente du Partenariat mondial pour l’éducation et ancienne première ministre australienne.

« 130 millions de filles ne sont pas scolarisées aujourd’hui. Pour pouvoir aller à l’école, elles doivent lutter contre la pauvreté, la guerre et le mariage des enfants. Les Objectifs du développement durable devaient accompagner ces filles dans leur combat. Jusqu’à présent, c’est un échec. Nous avons de grands objectifs mais nous ne les atteindrons seulement si nous éduquons les filles. Si nous souhaitons stimuler l’économie, améliorer l’air que nous respirons, promouvoir la paix et faire avancer la santé publique, alors nous devons investir dans l’éducation des filles « , a déclaré Malala Yousafzai, co-fondatrice du fonds Malala et Messagère de la paix des Nations unies.

« Si nous n’agissons pas maintenant, nous risquons de mettre à mal le progrès et la stabilité et d’enfermer les enfants dans le cycle de la pauvreté. Nous ne pouvons pas faillir à notre mission qui consiste à permettre l’accès de chaque enfant à l’école et à l’apprentissage. Le monde a trop à perdre. Nous nous le devons à nous-mêmes et nous le devons à la génération à venir », a déclaré Muzoon Almellehan, Ambassadeur de bonne volonté auprès de l’UNICEF.

« Tous les exemples de réussite en matière de développement commencent par l’éducation. C’est la raison pour laquelle l’appropriation par les pays est essentiel pour réaliser les objectifs fixés par l’agenda 2030 et réaliser des progrès. Qu’il s’agisse du financement adapté ou de l’apprentissage à tous les âges de la vie, c’est aux pays qu’il appartient de rendre l’éducation plus juste, plus inclusive et d’en faire un facteur de changement », a déclaré Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO.

« C’est aujourd’hui que le monde change de cap et affronte l’urgence mondiale en matière d’éducation. Plus de 130 millions de filles ne vont pas à l’école ; cela représente un potentiel de plus de 130 millions d’ingénieures, d’entrepreneures, et de responsables politiques dont l’expertise va nous faire défaut. C’est un gâchis d’une ampleur inouïe et une crise mondiale qui entretient la pauvreté. Les derniers chiffres, qui datent de 2015, montrent que le nombre de filles exclues du système scolaire a augmenté pour la première fois depuis dix ans », a déclaré Gayle Smith, Présidente de One Campaign.

« Le Sénégal et la France se sont un jour fixés une ambition. Aujourd’hui, le monde doit aller au-delà. Pour les donateurs, cela se traduit par le financement du Partenariat mondial pour l’éducation et de l’Education ne peut attendre. Pour les autres gouvernements, cela signifie se fixer comme but de consacrer 20% des budgets nationaux à l’éducation. Pour les donateurs et les gouvernements, cela suppose la mise en place de nouveaux partenariats avec la société civile et le secteur privé afin de gagner en efficacité dans la mise en œuvre des fonds. Il ne s’agit pas seulement de permettre l’accès de plus de filles à l’école, il s’agit de faire d’elles des femmes éduquées, autonomes et dotées d’un emploi. Les huit millions de membres dans le monde que compte ONE suivront de près les gouvernements pour faire en sorte que cet objectif se concrétise. Plus de 130 millions de filles méritent que nous donnions le meilleur de nous-mêmes », a poursuivi Gayle Smith.

Lors de cet événement de haut-niveau, qui s’est tenu dans le cadre de la 72e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, plusieurs engagements ont été pris :

  • L’Union européenne renforcera son soutien dans l’éducation en situation de crise en consacrant 8% de son budget humanitaire à l’éducation dans les situations d’urgence en 2018, budget bien au-delà de la moyenne mondiale de 3,6%.
  • L’Union européenne s’est engagée à verser 13.2 millions de dollars supplémentaires au fonds L’éducation ne peut attendre.
  • Le Danemark s’est engagé à contribuer à hauteur de 16.1 millions de dollars au fonds L’éducation ne peut attendre.
  • Le Fonds Malala augmentera l’année prochaine son investissement de $3 millions pour les éducateurs et activistes locaux.
  • Le Partenariat mondial pour l’éducation s’est engagé à mobiliser davantage de ressources financière et de meilleure qualité, ainsi qu’à allouer et mettre à profit 2 milliards de dollars d’ici à 2020 pour soutenir 870 millions d’enfants dans 89 pays.
  • L’organisation Dubai Care s’est engagée à contribuer à hauteur de 500,000 de dollars au fonds L’éducation ne peut attendre.
  • La compagnie Hewlett-Packard (HP) comptera 1 000 000 d élèves d’ici 2020, grâce à son partenariat avec Intel permettant l’implantation de 1 700 écoles dans le Cloud. Elle étudiera également l’utilisation des technologies dans les pays affectés par la crise par le biais du fonds L’éducation ne peut attendre.

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Septembre 2017