France – Fabienne Kabou condamnée en appel à 15 ans de prison pour infanticide

Fabienne Kabou, accusée d’avoir assassiné sa fillette en l’abandonnant à marée montante sur une plage de Berck (Pas-de-Calais) en 2013, a été condamnée ce vendredi à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d’appel du Nord, à Douai.

La peine prononcée par la cour, qui a retenu l’altération du discernement, a été assortie d’un suivi socio-judiciaire de huit ans avec injonction de soins.

En première instance, Fabienne Kabou avait été condamnée à 20 ans de prison et l’avocate générale avait requis jeudi 18 ans de réclusion criminelle pour infanticide en juin 2016.

Le corps de sa petite fille de 15 mois avait été retrouvé sur la plage de Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais en novembre 2013. Il avait fallu neuf jours pour identifier et retrouver la mère de l’enfant, grâce aux images de vidéo surveillance de la gare du Nord. La petite victime, Adélaïde, n’avait jamais été déclarée à l’état civil.

A son premier procès, Fabienne Kabou avait fait une curieuse impression.

Très intelligente, s’exprimant dans un langage soutenu, avec un mélange de froideur et d’ironie cinglante, elle avait fait le récit de la mort de sa fille d’une voix détachée, expliquant que tout s’était enchaîné de façon mécanique, comme si une force extérieure la poussait. Elle avait déposé son enfant sur la plage à la marée montante.

« Trouble délirant paranoïaque », avaient diagnostiqué deux experts psychiatres. « Mensonges » et « manipulation », avait tonné l’avocat général. Le jury de la cour d’assises de Saint-Omer avait finalement retenu l’« altération de son discernement » au moment des faits, et l’avait condamnée à 20 ans de réclusion.

Un verdict que n’a pas compris l’accusée, selon son avocate, Fabienne Roy-Nansion. « Dans la seconde qui a suivi le prononcé du verdict à Saint-Omer, Fabienne m’a regardé et m’a dit : ‘Je ne comprends pas, on ne sait toujours pas qui a tué ma fille.’ Pour elle, c’est ça l’enjeu de ce procès : découvrir qui a tué sa fille. »

« Ça paraît complètement absurde car nous savons que c’est elle qui était sur la plage de Berk et elle le sait aussi. Mais, ce qu’elle n’arrive toujours pas à exprimer, c’est quel est le nom de cette chose qui a guidé sa main, qui l’a guidée tellement fort qu’elle n’a pas pu résister à cela ». A déclaré l’avocate.

Ce procès en appel, qui se tenait jusqu’au ce 15 septembre, devait apporter l’espoir de lever les mystères qui persistent autour de cette femme déroutante, en prison depuis bientôt 4 ans.

Fabienne Kabou est sous traitement médicamenteux depuis un an, ce qu’elle refusait jusqu’alors, tout en restant persuadée qu’un sort lui a été jeté.

La sorcellerie, c’est sa façon de communiquer son délire, avait expliqué le psychiatre Daniel Zagury, qui a témoigné ce vendredi.


Revue de presse avec AFP

Septembre 2017