France – Meurtre Sarah Halimi: Le suspect peut être jugé devant une cour d’assises

Kobili Traoré est accessible à une sanction pénale. C’est l’avis de l’expert-psychiatre qui a rendu son rapport très attendu dans l’affaire du meurtre de Sarah Halimi, a appris franceinfo, ce mercredi 13 septembre, auprès d’une source judiciaire et de l’un des avocats de la partie civile, Jean-Alex Buchinger, confirmant une information du Figaro.

Le docteur Daniel Zagury conclut à une altération du discernement du principal suspect, et non à une abolition. En cause, selon l’expert, « l’augmentation de la consommation de cannabis », qui a favorisé une « bouffée délirante aiguë » au moment du passage à l’acte, mais qui rend cet homme de 27 ans partiellement responsable de son geste. L’expert ajoute que « l’hypothèse d’une intention terroriste n’est en rien confirmée ».

Sarah Halimi, une retraitée de 65 ans de confession juive, a été sauvagement tuée par ce Français d’origine malienne et de culture musulmane, en avril dernier, dans le 11e arrondissement de Paris. Les deux étaient voisins. Selon plusieurs témoins, le trentenaire a crié à plusieurs reprises « Allah Akbar » » au moment des faits.

Dans cette affaire survenue en pleine élection présidentielle, la circonstance aggravante d’antisémitisme n’a, pour l’instant, pas été retenue par la justice. Un « déni » dénoncé par les avocats des parties civiles, la communauté juive et plusieurs intellectuels et artistes. Au gré des semaines, le fait divers s’est mué en affaire d’Etat. Emmanuel Macron a, le 16 juillet, demandé aux juges de « faire toute la clarté » sur ce meurtre.

Concernant la qualification du meurtre, Daniel Zagury souligne qu’une « bouffée délirante aiguë n’est pas incompatible avec une dimension antisémite », mais que les témoignages « ne confirment pas l’existence chez Kobili Traoré d’un antisémitisme habituel ».

« Sarah Halimi, n’a peut-être pas été délibérément recherchée et tuée parce que juive, mais le fait que Kobili Traoré réalise qu’elle l’était à l’entrée de l’appartement s’est téléscopé avec la thématique délirante, l’associant immédiatement au diable et amplifiant le déchaînement frénétique haineux et vengeur », conclut l’expert.

Si les magistrats s’en tiennent à ces conlusions, « ils peuvent renvoyer Kobili Traoré devant une cour d’assises », se félicite Jean-Alex Buchinger. Mais les juges peuvent aussi demander une contre-expertise. La circonstance aggravante d' »antisémitisme » peut par ailleurs être retenue à tout moment au cours de l’instruction.


Source Franceinfo

Septembre 2017