Mexique – Le séisme a causé la mort de 64 personnes au moins et blessé plus 200 personnes

Mexique – Secouristes, militaires et policiers s’efforçaient inlassablement vendredi de retrouver des survivants du séisme qui a fait au moins 61 morts et plus de 200 blessés dans le sud du Mexique.

L’épicentre du plus fort tremblement de terre survenu dans ce pays en un siècle, d’une magnitude de 8,2, était situé dans le Pacifique, à environ 100 kilomètres au large de la localité de Tonala, sur la côte de l’État du Chiapas, selon le centre géologique américain USGS.

Mais c’est l’État d’Oaxaca (sud) qui a été le plus affecté par cette secousse, avec 46 morts, dont au moins 17 pour la seule localité de Juchitan, où des victimes pourraient être toujours coincées sous les édifices effondrés.

Voitures ensevelies sous les gravats, pans de murs renversés, morceaux de verre ou de bois jonchant les rues: cette localité de 100 000 habitants, entourée de montagnes recouvertes de végétation tropicale, était défigurée vendredi.

Près de la mairie très fortement endommagée, aux arches coloniales colorées, des militaires et des policiers tentent toujours de retrouver des survivants parmi les monceaux de gravats, dans un silence pesant.

«On fait tout ce qu’on peut pour sortir notre compagnon. Ils étaient deux là-dessous, nous en avons sauvé un», a raconté à l’AFP un policier municipal à l’uniforme couvert de poussière, tandis que ses collègues continuaient à creuser avec des pelles.

Une ville totalement ravagée

«Dieu fasse qu’il sorte vivant!»: une femme de l’ethnie zapotèque exprime son soutien, à quelques mètres de là, alors qu’à travers la localité quatre engins de chantier et des camions sont utilisés pour dégager les décombres.

«Personne ne s’attendait à ça, et pour cette raison ils ne sont pas sortis rapidement et ont été ensevelis», commente abasourdi Vidal Vera, un policier municipal de 29 ans. «Je n’ai pas le souvenir d’un séisme aussi affreux», poursuit-il, «la ville est ravagée».

Dans la matinée, un habitant était venu retirer des décombres le drapeau mexicain, pour ensuite l’agiter avec fierté, une image devenue virale sur les réseaux sociaux.

Le président mexicain Enrique Peña Nieto a parcouru en hélicoptère les zones affectées de l’État d’Oaxaca, dont Juchitan, où il a écouté dans l’après-midi les récits des habitants avant de se rendre au Chiapas.

À Matias Romero, toujours dans l’État d’Oaxaca, l’hôtel Sensation s’est complètement affaissé sur un côté, pour s’immobiliser dans une position incongrue et périlleuse.

«C’est le plus grand tremblement de terre de l’histoire du Mexique, mais nous sommes là, Oaxaca est debout», a assuré le gouverneur de l’Etat, Alejandro Murat, sur une radio locale, précisant que l’armée avait déployé plus de 1000 hommes dans la région. Des vivres et des milliers de matelas et couvertures «sont en cours d’acheminement», a promis le gouverneur aux habitants affectés par la tragédie.

Un séisme à plus de 260 répliques

Plus de 260 répliques du séisme ont été enregistrées dans la journée, a indiqué le président mexicain sur Twitter, tout en soulignant que les aéroports et les ports fonctionnaient normalement.

Le pape François, en visite en Colombie, a appelé à une prière «pour ceux qui souffrent des conséquences du tremblement de terre» et pour les victimes de ce séisme ainsi que celles de l’ouragan Irma, qui dévaste au même moment les Caraïbes.

La capitale mexicaine a également fortement ressenti cette secousse et de nombreux habitants se sont même précipités dans la rue, après le déclenchement de l’alerte sismique annonçant l’imminence d’un puissant tremblement de terre.

Selon le président Peña Nieto, 50 millions de personnes sur les 120 millions que compte le pays ont ressenti la secousse.

En septembre 1985, un séisme de magnitude 8,1 avait dévasté une grande partie de la capitale et fait plus de 10 000 morts. Régulièrement accablé par les catastrophes naturelles, le Mexique a été touché vendredi soir par l’ouragan Katia, rétrogradé en catégorie 1, par le Centre américain des ouragans (NHC).

L’ouragan a frappé vers 03h00 GMT l’État de Veracruz (est) au nord de la localité de Tecolutla avec des vents de 120 km/h. Et là ce sont des glissements de terrain meurtriers qui sont craints dans cette région montagneuse.

Trois jours de deuil national
Les autorités, qui ont décrété trois jours de deuil national, annonçant 64 morts dans un nouveau bilan, mais il pourrait au final y en avoir plus de 80.

Sans abri et éplorées, des centaines de familles campaient samedi dans les rues au Mexique où se terminaient les opérations de recherche de survivants après le séisme qui a fait au moins 64 morts, auxquels s’ajoutent les deux personnes tuées au passage de l’ouragan Katia.

Toute la nuit et malgré les répliques incessantes, secouristes, militaires et policiers ont fouillé les ruines de Juchitan, la commune la plus touchée par la secousse de magnitude 8,2 survenue jeudi soir, la plus forte dans ce pays en un siècle.

«Il ne reste plus personne sous les décombres. La majorité des survivants a été secourue presque immédiatement par les familles et les voisins», a assuré aux journalistes Roberto Alonso, coordinateur d’une équipe de secours.

Selon lui, il ne subsiste qu’un doute, sur la présence ou non d’un policier sous les gravats de la mairie, construction colorée de style colonial qui a été réduite en miettes.

Les habitants, encore apeurés, montraient des signes de fatigue, beaucoup ayant passé la nuit dehors en raison des répliques. L’épicentre du tremblement de terre qui a frappé le sud du Mexique, faisant également plus de 200 blessés, était situé dans le Pacifique, à environ 100 kilomètres au large de Tonala (État du Chiapas), selon le centre géologique américain USGS.

Katia moins nocif que prévu

Régulièrement accablé par les catastrophes naturelles, le Mexique était confronté, dans l’est, à l’ouragan Katia, heureusement moins nocif que ce qui était redouté : rétrogradé en tempête puis en simple dépression tropicale par le Centre américain des ouragans (NHC), il a touché l’État de Veracruz, y faisant deux morts.

«À Xalapa, la capitale de l’État de Veracruz, il y a eu deux décès en raison de glissements de terrain» dus aux pluies provoquées par Katia, a déclaré Luis Felipe Puente, le directeur de la protection civile fédérale, à la chaîne Televisa.

Selon M. Puente, les crues de deux fleuves ont endommagé 235 maisons, affectant plus de 900 habitants, mais les dégâts sont moindres que prévu.

Samedi matin, le ciel se dégageait à Tecolutla, ville côtière de 8000 habitants du centre du Mexique près de laquelle l’ouragan Katia avait touché terre, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. Après une nuit de pluie et de vent, les habitants sortaient de chez eux pour constater les dégâts, avec de nombreux arbres arrachés et des bâtiments endommagés.

«Ma maison s’est effondrée vers une heure du matin», a raconté Castellano Espinosa, un guide touristique de 75 ans. «Moi j’étais caché dans une autre maison. Je suis parti à temps, en emportant mes affaires et mes papiers les plus importants».


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Septembre 2017