Zimbabwe – Grace Mugabe se pose-t-elle en victime d’un complot dans l’affaire Gabriella Engels?

Harare, Zimbabwe – Grace Mugabe a fait ses premières déclarations après la plainte déposée contre elle pour agression par une jeune femme sud-africaine Gabriella Engels.

« J’ai été victime d’un coup monté dans le but de freiner mon essor politique ». Ces déclarations de la première dame zimbabwéenne ont été rapportées par un journaliste zimbabwéen, correspondant pour une télévision sud-africaine.

Ces premières paroles ne sont pas publiques. Depuis plus deux semaines, Grace Mugabe se terre dans le silence et d’après les observateurs, il ne faut pas s’attendre à des excuses de sa part.

Accusée d’agression

Soupçonnée d’avoir violemment frappé une jeune femme, Gabriella Engels à Johannesburg le 13 août dernier, la première dame avait quitté précipitamment l’Afrique du Sud sans encombre grâce à une immunité diplomatique.

Les avocats de Gabriella Engels ne comptent pas lâcher prise malgré l’immunité diplomatique accordée à Grace Mugabe.

AfriForum, une ONG, de droits de l’Hommes, qui aide la jeune mannequin, à indiqué qu’elle continuera de demander justice pour la jeune fille qui affirme avoir été frappé avec une corde électrique par la première dame dans un luxueux hôtel de Johannesburg.

« Le retour de Mme Mugabe au Zimbabwe et l’octroi de l’immunité diplomatique par le gouvernement sud-africain ne signifie pas la fin de la procédure », a déclaré l’avocat d’AfriForum, Willie Spied.

Il a par ailleurs fait savoir qu’il ferait appel de la décision accordant à Grace Mugabe l’immunité diplomatique, et si cela ne réussit pas, il engagerait des poursuites privées.

« La lutte pour la justice pour Mlle Engels va continuer jusqu‘à ce qu’elle soit gagnée », a écrit le quotidien Sunday Times, citant l’avocat.

La mère de la jeune fille a déclaré qu’elle a refusé une compensation financière proposée par des assistants de Grace Mugabe.

Le principal parti d’opposition de l’Afrique du Sud, l’Alliance démocratique, a déclaré qu’il exigerait une enquête parlementaire immédiate sur la décision du gouvernement de permettre à Grace Mugabe de quitter le pays.

Manifestation de soutien à la première Dame du Zimbabwe par ses partisans

Mercredi 30 août dernier, à Harare, la capitale, des milliers de partisans se sont rassemblés devant le siège de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, pour marquer leur solidarité envers l’épouse du président.

Contrairement à l’opposition qui n’a pas reçu l’autorisation de se réunir devant l’ambassade d’Afrique du Sud pour dénoncer l’impunité judiciaire, dans cette affaire qui fait grand bruit.

Il y a trois jours, Grace Mugabe, surnommée « Disgrâce » par ses détracteurs, a fait sa première apparition publique à la fête de l’agriculture. Dans un discours adressé à la foule, celle qui est aussi la présidente de la ligue des femmes de la Zanu-PF a rappelé aux hommes l’importance de respecter toutes les femmes et pas uniquement leur mère. Elle n’a fait aucune mention des embarrassantes accusations d’agression dont elle fait l’objet.

Interpellé jeudi au Parlement sur le sujet, le président sud-africain Jacob Zuma a nié toute responsabilité personnelle.

“En ce qui concerne Mme Mugabe, je ne suis pas avocat, je ne connais pas ce point de droit. Et je ne suis pas intervenu dans la procédure. Comment cela s’est-il passé ? Je mentirais en spéculant”, a-t-il répondu aux députés de l’opposition.

Réputée pour ses coups de sang et son goût prononcé pour le luxe, Grace Mugabe, 52 ans, est souvent présentée comme l’un des possibles successeurs de son époux.


Revue de presse avec RFI – Africanews

Septembre 2017