Thaïlande – Thaksin Shinawatra, frère de l’ex-Première ministre en fuite dénonce une tyrannie

Le frère de l’ex-Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra, lui aussi un ancien chef de gouvernement en exil pour échapper à la justice, a dénoncé mercredi les liens entre tyrannie et justice.

« Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice », a dit Thaksin Shinawatra, bête noire de la junte au pouvoir en Thaïlande, citant sur son compte Twitter  Les considérations sur les causes de la grandeur des Romains de Montesquieu.

Il s’agit de la première réaction officielle du « clan Shinawatra » depuis que Yingluck a fait faux bond à la justice, en ne se présentant pas à son procès vendredi dernier.

C’est aussi la première fois depuis plus de deux ans que Thaksin, dont les partis ont remporté toutes les élections nationales en Thaïlande depuis 2001, utilise son compte Twitter.

Si la citation du philosophe français des Lumières, publiée en anglais et en thaï, peut sembler cryptique depuis l’étranger, en Thaïlande, elle est comprise comme une critique directe des généraux. Ceux-ci ont confisqué le pouvoir depuis le coup d’Etat de mai 2014 contre le gouvernement de Yingluck Shinawatra.

« Ce Tweet, après une si longue période, montre la colère de Thaksin », analyse Pavin Chachavalpongpun, un ancien diplomate thaïlandais, critique de la junte, qui vit en exil au Japon. Il voit dans ce tweet une façon pour Thaksin (et Yingluck) de montrer qu’ils veulent continuer à « occuper un espace politique », depuis leur exil.

Selon des sources au sein du parti des Shinawatra et de la junte, Yingluck a fui à Dubaï, où réside une partie de l’année Thaksin Shinawatra. Il est en exil depuis 2008 pour échapper à des poursuites qu’il dénonce comme politiques, comme sa soeur, ce qui ne l’empêche pas de rester une figure essentielle de la politique thaïlandaise.

La société thaïlandaise est clivée entre les partisans des Shinawatra, riziculteurs et pauvres pour la plupart, et les élites de la capitale, dont les généraux au pouvoir, qui les exècrent comme de dangereux populistes.


Source AFP

Août 2017