Thaïlande – L’évasion de l’ex-Première Ministre mécontente les alliés de la junte militaire

Bangkok, Thaïlande – Plusieurs alliés conservateurs de la junte militaire thaïlandaise ont exprimé leur mécontentement après l’évasion de l’ex-Première ministre Yingluck Shinawatra, vendredi, le jour du jugement dans son procès.

Introuvable depuis cette date, Mme Yingluck pourrait avoir fui à Dubaï et chercher à demander l’asile au Royaume-Uni, selon des sources de la junte.

L’ancienne Première ministre, renversée en 2014 par les militaires, risquait jusqu’à dix ans de prison si elle avait été reconnue coupable de négligence dans la gestion d’un programme de subventions accordées aux riziculteurs par son gouvernement. Mais elle ne s’est pas présentée le jour du verdict devant la Cour suprême, qui a condamné ses deux coaccusés à de lourdes peines de prison.

La junte assure ignorer comment Mme Yingluck, qui était placée sous étroite surveillance, a réussi à quitter la Thaïlande sans être interceptée.

Les médias thaïlandais évoquent l’hypothèse d’un accord secret avec les militaires, lesquels, une fois l’ex-Première ministre hors de son pays, ont les coudées franches pour remodeler la scène politique nationale avant les élection de 2018.

Plusieurs personnalités politiques de la mouvance conservatrice, dont certaines avaient soutenu le coup d’Etat contre Mme Yingluck et sont considérées comme des alliées de la junte, ont exprimé leur surprise et leur mécontentement.

« Il est clair que des agents de sécurité la suivaient de près et prenaient des photos d’elle tout le temps et où qu’elle aille, mais elle a quand même réussi à s’échapper », s’est plaint à la presse Panthep Puapongpan, un des leaders des manifestations antigouvernementales de 2014. « Maintenant que Yingluck a fui, le gouvernement, les forces de sécurité et le NCPO doivent prendre leurs responsabilités », a-t-il ajouté, employant l’acronyme de la junte militaire (Conseil national pour la paix et l’ordre).

Un autre dirigeant de l’opposition au clan Shinawatra, Veera Somkwandid, a lui aussi exprimé sa colère sur Facebook. « Le gouvernement doit donner la chasse aux traîtres et punir ceux (qui ont laissé fuir Yingluck), faute de quoi le NCPO se retrouvera en position d’accusé », a-t-il affirmé.


Source AFP et Reuters

Août 2017