Thaïlande – Les spéculations vont bon train depuis la fuite l’ex-Première ministre

L’ex-Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra, partie en exil pour échapper à son procès, se trouve à Dubaï et espère pouvoir ensuite s’installer en Grande-Bretagne, a assuré samedi une source au sein de la junte militaire au pouvoir.

« Yingluck a quitté la Thaïlande à bord de son jet privé, vers Singapour puis Dubaï », où son frère Thaksin a une résidence de luxe, a assuré un haut responsable de la junte interrogé, sous couvert de l’anonymat, par l’AFP.
« Mais Dubaï n’est pas la destination finale de Yingluck, Thaksin est en train de négocier pour Yingluck l’asile en Grande-Bretagne », a assuré ce responsable ayant accès aux services de renseignement thaïlandais.

Samedi, les journaux thaïlandais s’interrogeaient sur sa destination d’exil. « Yingluck, où es-tu? », se demandait le journal anglophone The Nation, tentant de retracer les derniers mouvements de Yingluck. Sa dernière apparition publique en Thaïlande remonte à mercredi, dans un temple bouddhiste de Bangkok.

Le lendemain, elle avait appelé via sa page Facebook ses partisans à ne pas se déplacer pour l’énoncé du jugement à la Cour suprême, disant craindre des violences. Elle y apparaissait tout de noir vêtue, dans un lieu non spécifié. Selon les responsables de son parti interrogés par l’AFP, elle a quitté le pays dès mercredi.

De nombreux médias locaux évoquaient un départ via le Cambodge voisin. Les médias spéculent sur le fait que son départ a été négocié avec les militaires au pouvoir.

« Si Yingluck choisit de passer sa vie à l’étranger, cela réduira l’opposition à la junte », qui a désormais les coudées franches pour redessiner la scène politique, souligne le journal Thairath.

« Le rideau est tombé sur le clan Shinawatra et sa mainmise sur la politique thaïlandaise », souligne de son côté le Bangkok Post, qui titre en Une et en rouge « fin de l’ère des Shinawatra ».

Début août, Yingluck avait dénoncé un procès « politique » mené par la junte, qu’elle accusait de vouloir nettoyer la scène politique de l’influence des Shinawatra qui remportent tous les scrutins nationaux depuis 2001. Celle dont le gouvernement a été renversé par un coup d’Etat militaire en mai 2014 risquait gros: dix ans de prison ferme si elle avait été reconnue coupable de négligence dans la gestion d’un programme de subvention aux riziculteurs par son gouvernement, avant le coup d’Etat militaire de 2014.

Ses deux co-accusés ont été condamnés à de lourdes peines: 42 ans de prison pour son ancien ministre du Commerce Boonsong Teriyapirom et 36 ans pour son adjoint.


Source AFP

Août 2017