Suède – Contestée, la chef de l’opposition, Anna Kinberg Batra démissionne

Suède – Anna Kinberg Batra, la chef du parti conservateur suédois, principale formation d’opposition au gouvernement social-démocrate, a annoncé vendredi sa démission à un an des législatives, contestée en interne pour sa « dérive droitière » et des sondages en berne.

Jugée largement comptable de l’étiage durable des Modérés dans les enquêtes d’opinion ainsi que de la division de l’opposition du centre et de la droite, Anna Kinberg Batra est confrontée depuis des mois à une fronde montante dans ses rangs.

Au cours d’une conférence de presse vendredi matin à Stockholm, elle a annoncé qu’elle jetait l’éponge et demandait la convocation d’un congrès extraordinaire pour désigner son successeur.

« Je renonce à mon mandat de chef du parti (…). Cela ne signifie pas pour autant la fin des difficultés pour les Modérés », a prévenu Anna Kinberg Batra en fustigeant les responsables de sa formation « uniquement versés dans le dénigrement ». « J’accepte la critique, cela fait partie du job, mais je ne crois pas que les électeurs soient impressionnés par ce que nous leur donnons à voir en ce moment », a-t-elle ajouté.

Anna Kinberg Batra, 47 ans, avait été élue à la présidence du parti conservateur en janvier 2015 avec la mission de conduire l’Alliance (Modérés, centre, libéraux et chrétiens-démocrates) à la victoire lors des législatives de septembre 2018.

Pour la première fois depuis 1994, la droite n’était plus alors aux affaires, défaite un an plus tôt par les sociaux-démocrates qui ont régné quasiment sans partage entre les années 1930 et 1990 sur la politique du pays scandinave.

Les derniers sondages fiables montrent que les Modérés ne sont virtuellement plus le deuxième parti de Suède derrière les sociaux-démocrates, mais qu’ils sont doublés par les Démocrates de Suède (SD), parti d’extrême-droite.

Ce parti, dont les racines puisent aux sources du mouvement néo-nazi, progressent aux élections et dans l’opinion publique depuis plusieurs années. Ils ont fait leur entrée au Parlement en 2010 avec 5,7% des suffrages, puis ont recueilli 13% des voix quatre ans plus tard.

Longtemps cantonnés à la marge par les partis historiques qui maintenaient un cordon sanitaire autour d’eux, ils ébranlent l’opposition, divisée sur la stratégie à suivre.

Anna Kinberg Batra avait fini par briser le tabou en janvier 2017 en plaidant pour une coopération parlementaire au cas par cas avec les Démocrates de Suède, un pari risqué qui lui coûte en partie son poste aujourd’hui, selon les commentateurs politiques. Les Démocrates de Suède sont un parti « raciste » mais « on ne peut pas faire comme s’il n’existait pas », avait-elle justifié.


Sources AFP

Août 2017