Thaïlande – L’ex-Première ministre Yingluck Shinawatra lance un appel au calme

Thaïlande – Craignant des violences, l’ex-Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra a appelé ses partisans à ne pas manifester devant le tribunal de Bangkok où elle risque d’être condamnée vendredi à dix ans de prison.

« Je veux que vous me souteniez en restant chez vous et en suivant les informations, afin de ne pas vous retrouver victimes d’un incident commis par des gens mal intentionnés », a-t-elle lancé jeudi sur sa page Facebook.

« Je ne veux pas qu’une troisième partie en profite pour créer du chaos » vendredi, a ajouté Yingluck.

En Thaïlande, il est fréquent d’accuser une « troisième partie » d’être derrière des explosions de bombes artisanales ou jets de grenades sur des manifestants, sans que les coupables soient jamais retrouvés. Lors des grandes manifestations anti-Yingluck de fin 2013-2014 à Bangkok, avant le coup d’Etat de mai 2014, ces violences non attribuées avaient fait plusieurs morts.

Tout au long des 18 mois de son procès, des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le tribunal pour offrir à Yingluck des fleurs, dans une ambiance bon enfant. Mais pour le jour du verdict, la tension était forte. « J’ai demandé aux habitants de l’Issan s’ils iraient (manifester vendredi), ils m’ont dit que non », avait assuré mardi le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha.

Les Chemises rouges ont dénoncé une campagne d’intimidation ces dernières semaines pour que leurs partisans ne se rendent pas à Bangkok.

L’ex-Première ministre est accusée de négligence dans la mise en place d’un programme de subvention du riz: son gouvernement achetait le riz aux riziculteurs, vivier électoral des Shinawatra, à un prix supérieur à celui du marché.

Yingluck dénonce un procès « politique » mené par la junte, accusée de vouloir nettoyer la scène politique de l’influence de sa famille, qui remporte tous les scrutins nationaux depuis 2001.

La plupart des analystes pensent cependant que la justice, non indépendante en Thaïlande, ne prendra pas le risque d’une peine de prison ferme, qui donnerait à Yingluck le statut de victime.


Source – AFP

Août 2017