Afrique du Sud – De l’argent offert pour classer l’affaire Gabriella Engels contre Grace Mugabe

Pretoria, Afrique du Sud – La victime présumée de l’épouse du président zimbabwéen Robert Mugabe, soupçonnée de coups et blessures en Afrique du Sud, s’est vu offrir de l’argent pour « classer l’affaire », a affirmé jeudi l’avocat de la jeune femme.

« La famille de Gabriella Engels, la victime présumée a été approchée par une tierce personne pour accepter de l’argent et classer l’affaire », a déclaré Gerrie Nel à la presse, en présence de la jeune femme, le front partiellement recouvert d’un pansement.

« Il n’y a pas eu de montant avancé », a-t-il précisé lors de la conférence de presse organisée à Centurion, dans la banlieue de Pretoria, ajoutant que la famille avait décliné la proposition.

Gabriella Engels est défendue par un ténor du barreau sud-africain. Gerrie Nel s’est fait connaître mondialement lors de l’affaire Oscar Pistorius: alors procureur, il avait obtenu en 2015 la condamnation pour meurtre du champion paralympique.

Grace Mugabe, épouse du président zimbabwéen, est accusée d’avoir dimanche agressé Gabriella Engels, une mannequin de 20 ans qui se trouvait dans le même hôtel qu’elle, dans un quartier huppé de Johannesburg.

La jeune femme a déposé plainte pour coups et blessures. Elle n’a pas pris la parole publiquement jeudi.

L’affaire Grace Mugabe vire au casse-tête diplomatique pour l’Afrique du Sud. Les autorités zimbabwéennes ont requis l’immunité pour la première dame du pays, selon le ministère sud-africain de la Police.

Gabriella Engels a été « agressée violemment par une personne qui se croit intouchable. Elle n’est pas intouchable », a affirmé jeudi Kallie Kriel, président de l’ONG AfriForum qui défend la victime.

« Si l’immunité diplomatique était accordée dans ce dossier, nous envisagerions de déposer un recours immédiat auprès de la justice pour empêcher son exécution », a complété l’avocat Willie Spies lors de la conférence de presse.

Au moment de l’incident, Grace Mugabe, pressentie comme possible successeure de son mari, se trouvait en Afrique du Sud pour se faire soigner un pied, selon les médias zimbabwéens.

Cette situation est d’autant plus délicate à gérer pour le gouvernement sud-africain que le président zimbabwéen Robert Mugabe est arrivé dans le même temps en Afrique du Sud pour un sommet régional. Robert Mugabe est arrivé dès mercredi soir en Afrique du Sud, trois jours avant un sommet des dirigeants de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) prévu ce week-end à Pretoria. A cette occasion, les premières dames ont leur programme, en marge de celui de leurs époux.

Le président zimbabwéen n’a fait aucun commentaire public jusqu’à présent. Une source policière a assuré que les enquêteurs ont terminé leur enquête à propos de l’agression présumée et attend de se voir officiellement notifiée de la demande d’immunité diplomatique de Grace Mugabe avant de décider de la marche à suivre.

« Je souhaite que la justice fasse son travail et si un suspect est juge coupable et bien la personne doit accepter le verdict. Mais je ne veux pas qu’on pense qu’il y a qu’une parodie de tribunal », a déclaré Ayanda Dlodlo est la ministre sud-africaine de la communication.

Dans une interview à la BBC, la victime présumée, Gabriella Engels, a confié avoir peur après avoir porté plainte et raconte comment Grace Mugabe l’a frappé avec une rallonge électrique dimanche dernier.

« On la suppliait d’arrêter de nous battre, mais elle ne voulait pas. Elle nous a frappé avec tellement de haine et je ne comprends pas pourquoi. Mon amie et moi nous ne comprenons pas pourquoi cette femme nous a traité ainsi sans aucune raison », a-t-elle raconté.

La police assure que Grace Mugabe ne bénéficiera d’aucun traitement de faveur. « La police va demander un mandat d’arrêt » contre Grace Mugabe, a affirmé Kallie Kriel.

« Une alerte rouge est en place » pour éviter qu’elle ne quitte l’Afrique du Sud, a déclaré pour sa part jeudi le ministre sud-africain de la police, Fikile Mbalula, confirmant que Grace Mugabe était toujours dans le pays.

Mais selon Riaan Louw, un avocat spécialisé dans les affaires criminelles, le parquet pourrait néanmoins décider de classer l’affaire pour éviter un scandale diplomatique.


Source AFP avec Getty image

 

Août 2017