Tunisie – Le président plaide l’amendement des lois jugées défavorables aux femmes

La Tunisie célèbre, ce dimanche 13 août, la Journée de la Femme, correspondant avec la date de la promulgation du Code du statut personnel (Csp), le 13 août 1956, par le premier président de la Tunisie indépendante, Habib Bourguiba.

Soixante ans après cette promulgation, le Csp demeure un acquis majeur pour les Tunisiennes, leur permettant d’accéder à l’école et de participer à la construction de la société tunisienne. Parmi les acquis du Csp figurent notamment l’abolition de la polygamie et de la répudiation et l’obtention pour la femme la possibilité d’un divorce judiciaire, alors que l’âge légal du mariage est fixé à 17 ans.

L’adoption de la nouvelle Constitution de la Tunisie en 2014 consacre la préservation des droits acquis de la Femme et il incombe à l’Etat de les soutenir et de les développer. Elle constitutionnalise également le principe de la parité dans les instances élues et l’égalité des droits entre les deux sexes. Le Parlement tunisien, rappelle-t-on, a adopté, le 26 juillet dernier, la Loi fondamentale relative à l’abolition de la violence faite aux femmes.

Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a appelé dimanche le Premier ministre et le ministre de la Justice à réviser la circulaire n° 73 qui interdit à une femme tunisienne d’épouser un non musulman.

Le président a promis des avancées en matière de libertés individuelles.

Le président de la République a affirmé que de nombreuses lois jugées défavorables aux femmes pourront être bientôt amendées. S’appuyant sur les dispositions constitutionnelles, Béji Caid Essebsi évoque plusieurs lois.

À titre d’exemple, il cite la loi sur l’héritage qui devrait être modifiée: « Une commission a été créée ce matin qui aura comme prérogative de voir comment peut-on mettre en place l’égalité dans l’héritage » a-t-il affirmé, indiquant pour les plus conservateurs que « la Turquie, qui est un modèle pour certains et certaines, a adopté l’égalité dans l’héritage depuis Ataturk et personne ne peut plus l’enlever ».

Avançant de nombreux chiffres sur la situation des femmes en Tunisie, Béji Caid Essebsi salue leur rôle au sein de la société tunisienne: 75 femmes députées, 60% des médecins sont des femmes, 75% des dentistes et des pharmaciens sont des femmes, 35% de femmes ingénieurs, 41% de femmes juges, 43% de femmes avocats… « En conséquence, lorsqu’on pense à l’égalité, cela ne doit pas être étrange. On ne peut pas comparer la femme d’aujourd’hui à la femme de 1965. Aujourd’hui, la femme est l’égale de l’homme » a-t-il affirmé.

« Aller vers la parité ne veut pas dire aller à l’encontre de la religion. Nous avons un État civil mais son peuple est musulman, et celui qui veut diriger un État doit prendre en compte les sentiments de ses citoyens. C’est pour ça que nous allons dans la direction de la parité dans tous les domaines » a-t-il en outre ajouté.

 »Nous avons plusieurs Tunisiennes mariées à des étrangers.La Constitution permet de faire ce genre de modification », a précisé  le président ajoutant que l’article 6 de la Constitution garantit la liberté de croyance et de conscience et impose à l’Etat la responsabilité de protéger cette liberté.

Au cours d’une cérémonie au Palais de Carthage, Le président Béji Caid Essebsi a également décoré plusieurs compétences féminines, en reconnaissance de leurs éminentes contributions dans divers domaines.


Copyright Panapress

Août 2017