Venezuela – Luisa Ortega en attente de son sort, le Parlement attaqué par des pro-Maduro

Considérant le tribunal comme «inconstitutionnel et illégitime», la chaviste Luisa Ortega a refusé de comparaître devant la Cour suprême, le mardi 4 juillet dernier.

«Je ne vais pas me soumettre à ce tribunal inconstitutionnel et illégitime», avait-elle déclaré devant la presse juste avant l’audience. «Le TSJ va perpétrer une nouvelle violation de la loi pour annuler la dernière institution capable de défendre les personnes et les manifestants.»

Elle connaîtra son sort d’ici cinq jours

«Nous prenons un délai de cinq jours pour prendre notre décision et la publier», a déclaré mardi le président de la Cour suprême (TSJ), Maikel Moreno. Il s’exprimait à l’issue de l’audience à laquelle la procureure a refusé de comparaître.

Irruption de partisans de Maduro au Parlement

Des partisans du président vénézuélien Nicolas Maduro ont pénétré violemment ce mercredi dans l’enceinte du Parlement, unique institution du pays contrôlée par l’opposition, déclenchant une bagarre générale qui a fait au moins trois blessés parmi les députés.

Des dizaines de personnes, certaines cagoulées, portant des bâtons et vêtues de rouge – la couleur du parti socialiste au pouvoir -, sont entrées dans les jardins du Parlement et ont lancé des pétards, créant le chaos, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le groupe de manifestants se trouvaient face au bâtiment législatif où ils réalisaient un sit-in pour protester contre l’opposition, majoritaire au Parlement depuis début 2016, quand ils ont profité d’une interruption de séance pour forcer le portail d’entrée et parvenir jusqu’aux couloirs de l’Assemblée.

La bagarre générale qui s’en est suivie, entre partisans du gouvernement et députés d’opposition, a fait trois blessés parmi ces derniers. Frappés à la tête, plusieurs d’entre eux avaient le visage en sang. « Le gouvernement a toujours recours à la violence », a dénoncé le député d’opposition Stalin Gonzalez. « Nous allons continuer à affronter ces sauvages », a promis son collègue Simon Calzadilla.

L’incident est survenu alors que le Venezuela traverse sa pire crise économique et politique depuis des décennies, avec une vague de manifestations exigeant le départ du président Maduro et qui a fait 91 morts en trois mois.

Plus tôt dans la matinée, avant l’arrivée des députés, le gouvernement avait organisé une cérémonie improvisée dans l’hémicycle, à l’occasion du jour de l’indépendance, une intervention qualifiée d' »agression » par l’opposition.

L’armée a gardé le bâtiment du Parlement pendant l’acte au cours duquel le vice-président Tareck El Aissami, accompagné du ministre de la Défense et chef des armées Vladimir Padrino Lopez et de militants chavistes vêtus de rouge, a prononcé un discours de 15 minutes environ.

« Nous sommes précisément dans les bâtiments d’un pouvoir d’Etat qui a été pris en otage par la même oligarchie qui a trahi Simon Bolivar (héros de l’indépendance vénézuélienne, ndlr) et sa cause », a déclaré le vice-président, sous les applaudissement des invités à la cérémonie.

Juillet 2017