Israël – Jessica Cohen fait don de sa part du prix Man Booker International à l’ONG B’Tselem

Le grand écrivain israélien David Grossman a remporté mercredi soir le Prix Man Booker International pour son roman « un Cheval entre dans un bar ». Le prestigieux prix britannique récompense un ouvrage étranger traduit en anglais et publié au Royaume-Uni. Le prix a été décerné conjointement à l’auteur et à sa traductrice en langue anglaise Jessica Cohen.

Jessica Cohen et David Grossman partagent également la somme du prix qui s’élève à 50.000 livres (64.000 dollars, 57.000 euros).

Jessica Cohen a annoncé lors de la cérémonie qu’elle donnerait « la moitié de l’argent du prix » à B’Tselem, une organisation israélienne qui documente sur les violations des droits de l’Homme dans les Territoires palestiniens occupés par Israël depuis 50 ans.

Elle n’a pas précisé si elle seule faisait don à B’Tselem de ses 25.000 livres ou si elle et David Grossman cédaient chacun la moitié de leur récompense respective.

Jessica Cohen a salué l’action menée par B’Tselem depuis 30 ans. « Il n’est pas facile de dire des vérités inconfortables et peu flatteuses, et il n’est certainement pas facile de les entendre, mais c’est essentiel, non seulement dans la littérature mais dans la vie », a-t-elle dit.

B’Tselem, une organisation israélienne défendant les droits des Palestiniens et honnie du gouvernement

B’Tselem est l’une des bêtes noires du gouvernement israélien, considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu mène une campagne vigoureuse contre des ONG comme B’Tselem, respectées par une bonne partie de la communauté internationale mais décriées par la droite israélienne comme trahissant leur pays.

B’Tselem a exprimé sa reconnaissance jeudi devant le don en sa faveur. « Nous lui sommes reconnaissants et nous sommes déterminés à continuer notre mission, et à résister à l’occupation jusqu’à ce qu’elle prenne fin », a dit à l’AFP le porte-parole de B’Tselem, Amit Gilutz.

David Grossman, premier Israélien à remporter le prestigieux prix, est membre d’un conseil de personnalités de B’Tselem. Mais il dit ne représenter personne quand il écrit.

« Quand j’écris une histoire, je ne me pose pas en ambassadeur, ni même en consul honoraire. Je ne fais que raconter une histoire (…) il se trouve que cette histoire se passe ici en Israël », avec toutes les réalités israéliennes, a-t-il dit jeudi à la radio militaire.

La ministre de la Culture Miri Regev l’a félicité.

Elle s’est signalée depuis deux ans par ses accrochages réguliers avec les milieux artistiques, qu’elle fustige comme un repaire élitiste de gauchistes et qui l’accusent de vouloir restreindre la liberté d’expression.

M. Grossman l’a exhortée à voir son livre comme « l’illustration de la faculté de la littérature à rendre compte de notre situation de manière complexe, intéressante et profonde ».


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Juin 2017