Nigéria – Le Sultan de Sokoto appelle à la fin de la pratique la mendicité des enfants

Au Nigéria, le Sultan de Sokoto, a appelé à la fin de la pratique de la mendicité qui favorise le recrutement des enfants par les extrêmistes de Boko Haram.

Le Sultan Muhammadu Sa’ad Abubakar III a déclaré dimanche lors d’une réunion en prélude au Ramadan à Kaduna que la pratique, appelée almajiri, ne représentait pas l’islam et devait donc être dissociée de l’islam.

Le sultan de Sokoto est le plus haut dignitaire de l’autorité islamique sunnite au Nigéria. Il exerce une influence sur l’immense population musulmane du pays.

Une étude de 2010 a estimé que 77 millions de musulmans vivent au Nigeria, la cinquième plus grande population au monde.

Des responsables nigérians ont déjà admis que les enfants mendiants sont vulnérables au recrutement par Boko Haram, la secte islamiste qui a tué des milliers de personnes et déplacé des millions d’autres en 2009.

Une tactique de recrutement consiste à offrir des prêts aux jeunes appauvries qui cherchent à démarrer des entreprises, puis obliger les bénéficiaires à rejoindre la secte comme combattants lorsqu’ils ne peuvent pas rembourser le prêt.

Le Sultan de Soko un fervent défenseur de l’égalité des genres et contre toute violation de la loi islamique

En 2016, une nouvelle loi sur l’égalité des genres qui proposait que l’héritage de la femme soit égal à celui de l’homme a été rejeté par le plus haut dignitaire musulman du Nigeria. Le Sultan de Sokoto, Mohamed Sa’ad Abubakar, a déclaré que les Musulmans n’accepteront pas une violation de la loi islamique qui donne à l’homme une plus grande part.

S’exprimant au cours d’une cérémonie de récitation du coran dans l’Etat de Zamfara, le Sultan a déclaré : « notre religion est notre mode de vie. Nous n’accepterons aucun changement sur ce que Dieu nous a permis de faire ».

« L’Islam est une religion de paix. Nous vivons en paix avec les Chrétiens et les adeptes d’autres religions dans ce pays. On doit donc nous permettre de pratiquer notre religion de manière adéquate ».

Le clergé nigérian, pour sa part, a soutenu la proposition de loi indiquant que sa religion garantit l’égalité entre homme et femme en terme d’héritage.

Le Sénat nigérian avait rejeté une ancienne version de cette loi déclarant qu’elle n’était pas compatible avec la culture et les croyances religieuses du Nigéria.


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Mai 2017