La visite officielle des « Trump »en Arabie Saoudite est plus qu’une question de port du voile

Ce que les femmes portent comme vêtements peut faire l’objet de critiques ou de controverses et, encore plus, quand la femme en question est un ancien mannequin, mariée au président des Etats-Unis et en voyage officiel en Arabie saoudite.

La première dame des Etats-Unis, Melania Trump, 47 ans, et la fille aînée du président, Ivanka, 35 ans, sont arrivées samedi à Ryad avec le chef de la Maison Blanche qui reste empêtré dans une série d’affaires embarrassantes dans son pays.

ouMelania et Ivanka Trump, qui n’étaient pas voilées, étaient au centre de tous les regards dans ce royaume ultraconservateur où les femmes sont soumises à des restrictions.

Ivanka a atterri à Ryad vêtue d’une robe maxi noire à manches longues, frappée de motifs blancs. Son époux, Jared Kushner, qui, comme elle, est conseiller à la Maison Blanche était à ses côtés.

Pourtant le nouveau locataire de la maison blanche avait une autre opinion sur le refus du port du voile, et il l’a fait savoir dans un tweet le 29 janvier 2015 posté sur son compte personnel. « De nombreuses personnes disent que c’était merveilleux que Mme Obama refuse de porter un foulard en Arabie, mais les Saoudiens ont été insultés. Nous avons déjà assez d’ennemis« . Donald Trump.

Michelle Obama, l’épouse de l’ex-président des Etats-Unis, avait été applaudie après sa décision de ne pas se couvrir la tête quand elle s’était rendue en Arabie.

Accueil royal pour les Trump et méga-contrats pour le président

La réception en grande pompe du président américain contraste avec la pression qui s’accumule sur lui à Washington après une semaine de révélations accablantes sur les liens entre sa garde rapprochée et la Russie.

Outre les rencontres bilatérales, dont celle avec le roi Salmane, le président Trump a axé la première de ses deux journées à Ryad aux investissements avec l’annonce d’une série de contrats gigantesques.

L’agence officielle saoudienne SPA a fait état de 34 accords dans des domaines aussi divers que la défense, le pétrole et le transport aérien.

Hasard du calendrier?

L’annonce des méga-contrats est intervenue le jour de la réélection pour un nouveau mandat de quatre ans du président iranien Hassan Rohani, un modéré partisan de l’ouverture de son pays au monde.

Dans une première réaction américaine à cette réélection, M. Tillerson a appelé M. Rohani à démanteler « le réseau de terrorisme » de son pays et à mettre fin aux essais de missiles balistiques.

L’Arabie saoudite, sunnite considère l’Iran, chiite comme son principal rival au Moyen-Orient. Les deux pays s’opposent notamment sur les conflits en Syrie et au Yémen.

La Maison Blanche a précisé que les contrats militaires allaient aussi renforcer la capacité du royaume à « contribuer aux opérations de contre-terrorisme à travers la région », ce qui « réduira le fardeau » pour l’armée américaine.

M. Trump compte ainsi voir Ryad jouer un plus grand rôle dans la lutte contre les groupes jihadistes Etat islamique et Al-Qaïda.

Restrictions imposées aux femmes

La numéro une : les femmes doivent porter des abbayas, longues robes noires traditionnelles, et se couvrir la tête en public.

L’Arabie saoudite, grande pétromonarchie du Golfe qui applique strictement la loi islamique, impose une série de restrictions aux femmes. C’est notamment le seul pays au monde à interdire aux femmes de conduire et elles ont besoin de l’accord d’un tuteur comme le père, le mari ou le frère pour faire des études ou des voyages à l’étranger.

Mais le royaume saoudien a engagé l’an dernier des transformations économiques et quelques avancées timides ont été enregistrées depuis. Ainsi, la presse locale a annoncé début mai que les Saoudiennes n’avaient plus besoin de l’accord d’un tuteur pour des démarches administratives.

Un corps de police, connu sous le nom de Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice (Moutawa), a été accusé dans le passé de commettre des abus en appliquant la politique de ségrégation des sexes et en obligeant les femmes à se couvrir de la tête aux pieds lorsqu’elles sont en public.

En avril 2016, le gouvernement saoudien a déclaré avoir réduit les pouvoirs de cette police religieuse. L’organisation Human Rights Watch a salué cette décision, la qualifiant d' »évolution positive ».

Dimanche, Le président Trump prononcera à Ryad devant une cinquantaine de dirigeants de pays musulmans un discours soulignant ses « espoirs » pour une « vision pacifique » de l’islam.

L’Arabie saoudite pourrait en définitive être l’étape la plus aisée du voyage de M. Trump qui peine à prendre ses marques.

Son périple le mènera en Israël, dans les Territoires palestiniens, au Vatican, à Bruxelles et en Sicile pour les sommets de l’Otan et du G7 où les alliés européens de Washington seront en quête d’engagements clairs

Mai 2017