#ILookLikeASurgeon – Quand les chirurgiennes du monde entier sortent de l’invisibilité

La profession est encore trop souvent considérée comme un «métier d’hommes». Pour montrer qu’elles ne sont pas absentes des blocs opératoires, des dizaines de chirurgiennes du monde entier ont partagé ces derniers jours des photos d’elles et de leurs collègues, penchées sur une table d’opération.

A l’origine du mouvement, une couverture du New Yorker datée du 3 avril, signée de l’illustratrice française Malika Favre. On y voit quatre chirurgiennes, dessinées en contre-plongée, comme du point de vue du patient.

Quelques jours après la parution du magazine américain, Susan Pitt, chirurgienne dans le Wisconsin, lançait un défi à ses consœurs, autour du hashtag #ILookLikeASurgeon, («Je ressemble à un-e chirurgien-ne»). L’objectif : montrer que le métier, contrairement aux idées reçues, n’est pas exercé seulement par des hommes blancs.

L’initiative a été relayée dans plus de 35 pays, jusqu’en Arabie Saoudite.

«Le sexe de votre chirurgien n’aura jamais aucun impact sur la qualité de votre opération», écrit ainsi une chirurgienne de New-York, qui pose avec dix de ses collègues femmes. En France, la chirurgie reste encore très masculine. Selon le conseil national de l’Ordre des médecins, le taux de féminisation était de 29% en janvier 2016.


The New Yorker a fait appel à l’artiste française, Malika Favre pour illustrer ce numéro spécial consacré à la santé, la médecine et au corps. La graphiste a réalisé une première page animée, intitulée ‘Théâtre des opérations » où  l’on voit les visages de quatre chirurgiennes penchées sur un.e patient.e avant d’opérer.

Un parti pris que l’illustratrice explique ainsi : « J’ai été opérée lorsque j’avais cinq ou six ans. . . Je me souviens précisément du décompte à partir de dix, qui précède l’endormissement et je crois qu’à huit, je n’étais déjà plus là. J’ai essayé de capturer ce sentiment que l’on a lorsqu’on voit des personnes qui vous regardent perdre conscience. . . La plupart des gens l’ont expérimenté, mais cela reste mystérieux. »

Cette harmonie en vert et bleu est effectivement assez stupéfiante et l’on s’imagine sur le billard, accompagnée doucement de ces regards empathiques. Et cette image là est devenue virale, en quelques heures à peine, à la plus grande joie de sa conceptrice qui a réalisé un kaléidoscope de tous ces détournements.

L’artiste invite les internautes à « prendre part à ce défi autour de la couverture du New Yorker qui a été lancé par Susie. Envoyez nous les vôtres ! »

Chirurgiennes de tous les pays, unissez vous !

Susie, c’est Susan Pitt, chirurgienne endocrinologue (médecine liée aux hormones et aux glandes), professeure à l’Université du Wisconsin, qui a lancé le mouvement via son compte twitter.

Et cela, pour apporter, via de « vraies » images, « la visibilité à toutes ces femmes, ou autres groupes minoritaires, qui travaillent dans un domaine dominé, depuis toujours, par des hommes blancs« .

L’appel a été largement entendu, et le résultat est une magnifique composition qui mêle poésie, esthétique, féminisme, et politique. Des centaines de chirurgiennes de tous les continents ont envoyé leurs photos identifiées avec le mot dièse #ILookLikeASurgeon – je ressemble à un chirurgien.


Revue de presse

Mai 2017