Les manifestations des femmes sont souvent propices aux photos fortes

Les manifestations sont souvent propices aux photos fortes. La Fille à la fleur capturée par le Français Marc Riboud, en 1967, lors d’une manifestation à Washington contre l’intervention américaine au Viêtnam, est devenu un cliché culte de la culture flower power. La photo de cette adolescente, tenant à deux mains un chrysanthème à quelques centimètres seulement des lames des baïonnettes des soldats, a fait le tour du monde.

Plus récemment, d’autres femmes se sont illustrées de la même façon, notamment lors de manifestations d’extrême droite voire néonazies. Telles que…

Lucie Myslíková en République tchèque

Cette scoute de 16 ans a participé à une manifestation à Brno, en République tchèque, le 1er mai.

Il s’agissait d’un rassemblement pour protester contre la mobilisation de militants d’extrême droite.

« Nous voulions montrer que les néonazis ne sont pas les bienvenus ici. Cette année, la contre-manifestation était là pour se moquer et troller les nazis », a raconté à CNN (en anglais), Vladimir Cicmane, auteur du cliché qui a été partagé des milliers de fois sur Twitter et sur Facebook.

Le photographe amateur poursuit, évoquant Lucie : « Elle était là, elle se tenait debout. A seulement 16 ans, elle était fière et tenait des arguments profonds. »


Saffiyah Khan en Angleterre

Mains dans les poches et sourire aux lèvres, cette Britannique a défié pacifiquement un membre de l’English Defence League (EDL), le 8 avril. Ce dernier défilait à Birmingham lors d’une manifestation de ce groupe d’extrême droite, organisée en réaction à l’attaque terroriste contre le Parlement britannique. Le cliché de la confrontation, posté sur Twitter par une députée britannique, a depuis été retweeté ou aimé plus de 28 000 fois.

Cette habitante de Birmingham a expliqué à Buzzfeed (en anglais) s’être rendue à la manifestation des militants de l’EDL « pour montrer [s]on soutien aux personnes qu’ils harcèlent et agressent ». Saffiyah Khan raconte avoir agi lorsqu’une femme musulmane, portant un hijab, s’est retrouvée encerclée par des membres de l’EDL. Selon elle, la femme était « très intimidée » et les militants lui lançaient qu’elle « n’était pas britannique ».


Tess Asplund en Suède

Ce cliché a également été pris un 1er mai. C’était en 2016. Quelque 300 néo-nazis défilaient dans les rues de Borlänge, en Suède. Pour protester, Tess Asplund, une militante pacifiste de 42 ans, a brandi le poing. « L’un [des manifestants néonazis] m’a fixée dans les yeux, et je l’ai fixé en retour.

Il n’a rien dit, je n’ai rien dit non plus, puis la police est rapidement venue m’évacuer », a-t-elle raconté au site du journal Aftonbladet (en suédois). Et de poursuivre : « Je n’ai pas peur d’eux. J’étais énervée. Mon poing, c’est le geste de Nelson Mandela. »

Le photographe David Lagerlöf, auteur du cliché, a raconté la scène sur sa page Facebook. « En face d’elle, l’ensemble des leaders des organisations [notamment Nordiska motståndsrörelsen, le « Mouvement de résistance nordique », un groupe néo-nazi] se rapprochent dans un silence solennel. Le regard de la femme rencontre celui de l’homme au milieu. Il y a alors une bataille de regards », détaille-t-il.


Copyright – Franceinfo.fr

Mai 2017