La journaliste Audrey Pulvar suspendue de CNews pour avoir signé une pétition anti-Le Pen

La journaliste Audrey Pulvar n’a pas respecté son devoir de neutralité.Selon les informations du Parisien, Audrey Pulvar, qui anime le dimanche sur CNews « Le Grand Rendez-vous » et l’émission politique « Le grand journal de la présidentielle », a été suspendue de CNews jusqu’à la fin de la campagne présidentielle, le 7 mai prochain.

Ce que la chaîne lui reproche: d’avoir signé une pétition anti-Le Pen.

La signature de la journaliste a été critiquée par Florian Philippot, vice-président du Front national, qui dans un tweet mercredi a déclaré : « Pétition contre MLP signée par Audrey Pulvar, qui anime des émissions politiques sur CNews. Ça pose un vrai problème d’impartialité ».

Si les convictions de tout un chacun sont à respecter, les principes sont différents pour les journalistes qui doivent faire preuve de neutralité et de réserve. En signant cette pétition, Audrey Pulvar a donc manqué à son devoir.

Cette suspension a été prise au nom de la « déontologie » et de « la nécessité d’un devoir de réserve » des journalistes qui ne doivent « pas préciser pour qui ils votent », a fait valoir CNews.

Lancée par Laurence Rossignol, ministre de la famille, de l’enfance et des droits des femmes, la pétition, intitulée « Féministes, nous ne voulons pas du Front national. Nous votons Emmanuel Macron », affirme que « l’élection de Marine Le Pen à la présidentielle serait une défaite pour les femmes ». Elle reproche notamment à Marine Le Pen « l’avortement qualifié de confort, la stigmatisation des femmes étrangères » ou « l’instrumentalisation raciste du combat contre l’oppression religieuse ».

Nombreuses réactions sur Twitter

Laurence Rossignol, la ministre de la Famille, de l’Enfance et des Droits des femmes et initiatrice de la pétition intitulée soutient la journaliste: « Audrey Pulvar, suspendue sur injonction du FN pour avoir choisi la République et les droits des femmes contre l’extreme droite. Soutien et amitié ».

Les réactions de soutien ne sont pas faites attendre. Sur Twitter, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation, écrit: « Audrey Pulvar suspendue par CNews pour une signature contre le FN??? Décidément la République a perdu du terrain ».

Le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Harlem Désir, a lui fait référence à une société qui régresse: « A. Pulvar sanctionnée pour avoir signé contre le FN! Quelle régression. Il y a 15 ans tous les démocrates étaient rassemblés pour la République »

Quant à SOS Racisme, ils ont dénoncé sur le réseau social « la suspension d’Audrey Pulvar ‘au nom d’une prétendue neutralité' ».

La journaliste est loin d’être la seule à avoir signé cette pétition. Parmi les autres participants, on retrouve les noms d’une cinquantaine de personnalités, dont Zabou Breitman, Julie Gayet, Pascale Breugnot, Bruno Solo, le rabbin Delphine Horvilleur ou encore Agnès Jaoui.

Plus inattendu, la journaliste a pu compter sur le soutien de Robert Ménard, maire de Béziers élu avec les voix du Front national et généralement peu compatissant avec les journalistes, tout particulièrement de gauche. « Injuste pour Audrey Pulvar! Les 3/4 des journalistes devraient être suspendus dans ce cas », a-t-il tweeté, en gratifiant son message d’un #JesuisAudrey un brin ironique.

Audrey Pulvar s’est quant à elle justifiée en pointant le fait que des « journalistes-éditorialistes d’extrême droite déroulent le programme du FN dans des médias généralistes ».

Audrey Pulvar a plusieurs fois pris position pour la défense des droits des femmes, notamment contre les dérapages sexistes de l’émission « Touche pas à mon poste » diffusée sur une chaîne du même groupe.


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Avril 2017