Burkina Faso – L’école primaire de Foula : une école où la domination des filles est totale

L’école primaire de Foula, est située dans la circonscription d’éducation de base de Korsimoro dans le Sanmatenga, région du Centre-nord du Burkina Faso. Dans toutes les classes, il y a plus de filles que de garçons.

Ce n’est pas dans toutes les écoles primaires du pays que l’on se retrouve avec un effectif plus élevé de filles que de garçons malgré le taux de 52% de la population féminine. Mais à Foula, l’école primaire qui célèbre son trentenaire, c’est bien le cas. L’école de 6 classes a un effectif de 320 élèves dont 185 filles sur 135 garçons.

La particularité ne s’arrête pas là. Ces élèves sont encadrés par cinq femmes et deux hommes.

« C’est le projet Beoogo-Biiga », confie le directeur de l’école Félix Noel N’do. Beoog-Biiga, qui signifie « enfant de demain » en langue mooré, est un projet implémenté par le Catholic relief services (CRS) et financé par le ministère  de l’agriculture des Etats-Unis.

« Nous avons procédé à des sensibilisations pour lancer et accompagner ce projet et ça a porté fruit », se réjouit le directeur de l’école qui ajoute que « chaque année, lorsqu’on veut recruter, ce sont des filles qu’on nous amène que les garçons ».

Poursuivent-elles un cursus après le primaire ?

Monsieur N’do répond par l’affirmatif sans détour. L’exploit de ces filles se poursuit jusqu’au collège. « Oui. Ces filles continuent le cursus jusqu’au collège. La plupart de nos filles qui partent sont les meilleures dans les établissements au niveau de Korsimoro », informe-t-il.

Dans cette école, les filles dominent

Pour exemple, dans a classe de CP1 nous enregistrons un effectif de 58 dont 35 filles sur 23 garçons. La domination en effectif se poursuit jusque dans les résultats scolaires. « les dix (10) premiers de chaque classe, ce sont des filles », a déclaré le directeur de l’école.

Une « donne particulière »

C’est avec ces mots que Moussa Ouédraogo, le directeur régional de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (DRENA) décrit le cas atypique de l’école.

Et les données lui donnent raison. Dans la composition de la population au Centre-nord, relève-t-il, le nombre de filles, de femmes dépasse largement celui des garçons et des hommes.

Mais au-delà de cette réalité, Monsieur Ouédraogo souligne un fait : « Nous ne pouvons pas nous arrêter que sur la lecture imposée par la démographie d’une région. Parce qu’en dépit du nombre, les garçons restent toujours ceux qui sont les plus scolarisés dan le monde, et qui sont les plus encouragés à aller au terme d’une formation universitaire ou ou une formation spécifique ».

Aussi, Monsieur Moussa Ouédraogo se réjouit face à cette tendance à la normalisation que connait la communauté de Foula, qui est en train d’accepter d’envoyer tous les enfants sans distinction à l’école.


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Avril 2017