France – Présidentielle : Emmanuel Macron et Marine Le Pen en lice pour le second tour

Le premier tour de l’élection présidentielle française a livré son verdict : Emmanuel Macron (En Marche) et Marine Le Pen (Front National) arrivent en tête. Ils s’affronteront au deuxième tour, le dimanche 7 mai prochain.

En France, les quelque 47 millions d’électeurs inscrits ont tranché. Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont les deux candidats en tête pour le second tour. Les résultats sont tombés sous le coup de 20h, heure de Paris. Le deuxième tour de l’élection se jouera entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Les bureaux de vote ont fermé à 19 h, heure locale (20 h dans les grandes villes).

Selon les résultats compilés par Franceinfo, Emmanuel Macron est en tête avec 23,7 %, suivi de Marine Le Pen avec 21,7 %. François Fillon (20 %) serait éliminé, tout comme Jean-Luc Mélenchon (19 %). Le socialiste Benoît Hamon est crédité de 6,5 % des voix.

Selon TF1, les candidats Macron et Le Pen sont au coude-à-coude avec 23% des voix chacun environ. La chaîne donne Mélenchon et Fillon à égalité avec 19%. Le socialiste Benoît Hamon récolte 7% des voix.

France 2 crédite le candidat Macron d’En Marche à 23,7% contre 21,7% à la présidente du Front National. Suivent Jean-Luc Mélenchon (19,5%), François Fillon (19,5% lui aussi) et Benoît Hamon à 6,2%.

Ceux qu’on appelle les « petits » candidats obtiennent, selon les premières estimations Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France et Le Monde, les résultats suivants : Nicolas Dupont-Aignan (4,9%), Jean Lassalle (1,4%), Philippe Poutou (1,2%), François Asselineau (0,9%), Nathalie Arthaud (0,7%) et Jacques Cheminade (0,2%).

De son côté, selon les médias occidentaux, le ministère français de l’Intérieur annonce que Marine Le Pen terminerait en première place avec 23,60% des voix au premier tour de l’élection présidentielle, devant Emmanuel Macron (22,78%). Il s’agit de résultats partiels sur 28 millions de votes comptés.

Le taux de participation en baisse par rapport à 2012

La participation au premier tour s’élevait à 77% à 19h20, selon une estimation Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France et Le Monde à partir d’un échantillon représentatif de 500 bureaux de vote. En 2012, la participation définitive avait atteint 79,48%.

Paysage du second tour

Le second tour de la présidentielle en France va opposer le 7 mai le centriste pro-européen Emmanuel Macron, favori pour devenir le plus jeune président, et la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, contre qui les principaux candidats ont appelé à «faire barrage».

Le premier tour de dimanche rebat les cartes de la politique française: c’est la première fois depuis 1958 que la droite n’est pas qualifiée et la première fois qu’aucun des deux grands partis qui ont dominé la vie électorale depuis près d’un demi-siècle, le parti de droite Les Républicains et le Parti socialiste, n’y est présent.

Réaction des candidats du second tour

«On tourne clairement aujourd’hui une page de la vie politique française», a commenté auprès de l’AFP M. Macron, ancien ministre de l’Économie âgé de 39 ans, arrivé d’une courte tête (23-24%) devant la chef du parti Front national, 48 ans, entre (21,6-23%), selon les estimations des instituts de sondage.

Marine Le Pen a salué «un résultat historique» et assuré qu’une «première étape» était franchie. Selon elle, le second tour donnera le choix entre «la grande alternance» et la «dérégulation».

Tous les sondages donnent néanmoins Marine Le Pen battue, faute de report de voix suffisant.

L’ensemble de la classe politique française, de droite comme de gauche, a appelé à «faire barrage» à l’extrême droite.

Le candidat conservateur défait, François Fillon a jugé qu’«il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite», qui amènerait selon lui «malheur», «division» et «chaos».

Selon les estimations, au terme d’un match à quatre serré, François Fillon et le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon ont été éliminés, au coude-à-coude pour la troisième place.

Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise, s’est exprimé dimanche 23 avril après les résultats du premier tour à la présidentielle. Il n’a pas donné de consigne de vote pour le second tour, se refusant à imiter ses concurrents qui, comme Benoît Hamon ou François Fillon, ont appelé à faire barrage au Front national.

« Je n’ai reçu aucun mandat des 450 000 personnes qui ont décidé de présenter ma candidature pour m’exprimer à leur place sur la suite. Elles seront donc appelées à se présenter sur la plate-forme et le résultat de leur expression sera rendu public », a-t-il déclaré, laissant ses soutiens exprimer leur choix pour le second tour. « Je ne saurais dire ni faire davantage à cette heure. Chacune, chacun d’entre vous sait en conscience quel est son devoir. Dès lors, je m’y range », a-t-il ajouté


Très loin derrière, le socialiste Benoît Hamon n’aurait recueilli qu’entre 6,1% et 7%, revers cinglant pour le parti au pouvoir depuis cinq ans.

Admettant «un désastre», il a néanmoins jugé que «la gauche n’est pas morte» et a appelé à «battre le plus fortement et le plus puissamment possible le Front national».

Le président sortant, socialiste François Hollande a appelé son ancien ministre Emmanuel Macron «pour le féliciter».

Ce dernier avait démissionné en août 2016 de son poste de ministre de l’Économie pour créer son mouvement «En marche !» présenté comme «ni de droite ni de gauche». Il semble en bonne position pour emporter le scrutin et devenir le plus jeune président de la République de l’Histoire de France, devant Louis-Napoléon Bonaparte.

Face à lui, la candidate du Front national réédite la performance de son père Jean-Marie Le Pen en 2002 en accédant au second tour, sans arriver en tête comme elle l’a longtemps espéré. Mais il ne s’agit cette fois pas d’une surprise: sa qualification au second tour était prédite par tous les sondages sans exception depuis 2013.

Lors du premier tour tenu sur fond de menace terroriste, la participation a avoisiné les 70%, un des meilleurs niveaux depuis quarante ans, selon le ministère de l’Intérieur.

Le niveau de mobilisation des 47 millions d’électeurs était l’une des clés du scrutin, alors qu’un sur quatre se disait encore indécis ces derniers jours.

Trois jours après une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique sur l’avenue parisienne des Champs-Elysées, qui a coûté la vie à un policier, 50% de effectifs des policiers et 7000 militaires avaient été déployés pour assurer la sécurité du scrutin.

Visée depuis janvier 2015 par une série d’attaques jihadistes qui ont fait 239 morts, la France organisait cette présidentielle pour la première fois sous le régime de l’état d’urgence.

François Hollande, affaibli par une impopularité record, ne se représentait pas après cinq ans au pouvoir et un bilan critiqué jusque dans son camp, notamment dans la lutte contre le chômage.

La campagne a été riche en coups de théâtre et la plupart des ténors qui occupaient la scène politique depuis des années sont tombés les uns après les autres. Parmi eux, l’ex-président Nicolas Sarkozy et les anciens Premiers ministres conservateur Alain Juppé et socialiste Manuel Valls.

Les débats de fond ont été éclipsés pendant des mois par les affaires touchant notamment François Fillon, exclu sans appel du deuxième tour de la présidentielle. Il avait dévissé dans les sondages après la révélation fin janvier de soupçons d’emplois fictifs au Parlement au bénéfice de sa femme et de ses enfants, suivie de son inculpation pour détournement de fonds publics.

Emmanuel Macron, qui se présentait pour la première fois à une élection, a gagné son pari.

Inconnu des Français il y a encore trois ans, il a mené campagne sur une ligne pro-européenne et un programme libéral, tant en économie que sur les questions de société.

Cet ovni de la campagne a construit la popularité de son mouvement «En Marche!» sur le rejet des partis traditionnels et le désir de renouvellement exprimés par les Français.

Marine Le Pen a semblé profiter de la vague populiste qui a porté Donald Trump à la Maison-Blanche et conduit la Grande-Bretagne à voter pour la sortie de l’Union européenne.

Celle qui se définit comme une «patriote» veut en finir avec l’euro et la libre circulation dans l’espace européen de Schengen. Elle est visée par une enquête pour des soupçons d’emplois fictifs de collaborateurs de son parti au Parlement européen.


Revue de presse

Avril 2017