Suède – La sage-femme Ellinor Grinmark défend son droit de réfuser de pratiquer des IVG

Stockholm, Suède – L’interruption volontaire de grossesse est autorisée en Suède depuis 1975. Contrairement aux législations des autres pays européens, la loi ne prévoit pas de possibilité pour les médecins d’opposer leur liberté de conscience pour refuser de pratiquer un avortement. Par extension, les sages-femmes qui ont plus tard été autorisées à réaliser des IVG ne disposent pas plus de possibilité de faire jouer une « clause de conscience ».

Ellinor Grinmark, est une sage-femme suèdoise, farouchement hostile à l’avortement et refuse d’en pratiquer. Son hostilité l’a empêché de décrocher un emploi dans de très nombreux établissements hospitaliers en Suède. Aussi, en 2014, la praticienne a déposé une plainte auprès du médiateur suédois, puis auprès du tribunal d’instance afin de dénoncer la discrimination dont elle s’affirme être la victime.

Mais ses recours ont été rejetés, de même que l’action en première intention et l’appel formés devant le Tribunal du travail suédois. Ellinor Grinmark demeure cependant déterminée à faire entendre sa voix et vient d’annoncer qu’elle allait porter son cas devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

C’est au nom de sages-femmes suédoises et de la liberté de penser qu’elle affirme agir : « Il n’y a qu’un seul point de vue acceptable en Suède, on ne peut pas s’y opposer. Il faut suivre le courant majoritaire » a-t-elle déclaré après le verdict du Tribunal du travail suédois.

Menace sur l’IVG ?

Ces démarches sont observées avec une certaine inquiétude par les groupes de défense de l’IVG en Suède, notamment parce qu’Ellinor Grinmark est soutenue par la puissante association chrétienne américaine Alliance Defending Freedom (ADF).

Les partisanes de l’avortement redoutent notamment que le combat d’Ellinor Grinmark ne fragilise la loi sur l’avortement. De fait, la CEDH pourrait être plutôt encline à favoriser la sage-femme.

Le Conseil d’Europe a en effet déjà rappelé son attachement au « droit à l’objection consciencieuse dans le cadre des soins médicaux ». Et si pour l’heure une assez grande liberté d’interprétation a été laissée aux états en la matière, le fait que la Suède n’ait jamais réglementé de manière précise la question en ce qui concerne les sages-femmes, laissant la place à un vide juridique, pourrait la contraindre à revoir sa position.


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Avril 2017