France – Les Juges demandent la levée de l’immunité de Madame Marine Le Pen

La justice française a demandé fin mars au Parlement européen la levée de l’immunité de Marine Le Pen, la candidate du Front national à la présidentielle et député européenne.

La dirigeante du parti d’extrême droite est visée par une enquête sur des soupçons d’emplois fictifs d’assistants parlementaires de son parti, le Front national (FN). Les enquêteurs cherchent à savoir si le FN a organisé un système pour rémunérer des permanents du parti avec des fonds publics de l’Union européenne, via des contrats d’assistants au Parlement européen.

Cette demande fait suite aux refus de Marine Le Pen de se rendre à leurs convocations en vue d’une mise en examen pour abus de confiance. Marine Le Pen avait déjà refusé, le 22 février, d’honorer la convocation des policiers de l’OCLCIFF, l’office anti-corruption.

Marine Le Pen refuse toute convocation jusqu’aux législatives

L’examen de cette demande, qui au Parlement européen fait l’objet d’un vote en séance plénière, prend en général plusieurs mois, indique France Inter. Les juges d’instruction ne s’attendaient donc pas à ce qu’elle aboutisse avant l’élection présidentielle. Il n’est même pas sûr qu’une réponse positive leur permettrait d’entendre Marine Le Pen avant le mois de juin, car la présidente du FN entend refuser toute convocation jusqu’aux législatives et a fait passer la consigne aux eurodéputés du parti.

Le Parlement européen réclame au FN 1,1 million d’euros

Sur la base du rapport de l’OLAF, l’office européen anti-fraude, le Parlement européen réclame déjà au FN 1,1 million d’euros de salaires d’assistants qu’il estime indûment versés. Six eurodéputés Front National, dont Jean-Marie et Marine Le Pen, font l’objet de retenues sur leurs indemnités et leurs frais. Ils ont saisi de leur côté la justice européenne.

En France, les enquêteurs ont saisi chez Wallerand de Saint-Just, le trésorier du Front national, une lettre de juin 2014, révélée par Le Monde, où il proposait de faire « des économies importantes grâce au Parlement européen et si nous obtenons des reversements supplémentaires ». Wallerand de Saint-Just s’était défendu le 30 mars sur franceinfo : « Il n’y a jamais eu de système mis au point, nous n’avons rien fait d’illégal, nous n’avons jamais voulu prendre le moindre centime au Parlement européen ».

Ces demandes ont été adressées au parquet de Paris puis au parquet général, qui les transmet, comme le veut la procédure, à la Chancellerie avant d’être envoyées au Parlement européen.

« C’est normal, c’est la procédure tout à fait classique, je ne suis pas étonnée », a réagi Mme Le Pen sur la chaîne du service public Franceinfo, à neuf jours du premier tour de l’élection présidentielle.

Elle avait fait savoir par avance qu’elle ne se rendrait à aucune convocation avant la fin des échéances électorales.


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Avril 2017