France – Le collectif de Guyanais rejette le plan de la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts

GUYANE – Le collectif de Guyanais, auquel le gouvernement avait notamment proposé un engagement de plus d’un milliard d’euros pour trouver une issue à deux semaines d’un mouvement social inédit, a refusé ce compromis ce dimanche 2 avril.

 « Nous exigeons 2,5 milliards d’euros tout de suite », a lancé Olivier Goudet, un porte-parole du collectif, depuis le perron de la préfecture à Cayenne, où la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts recevait la délégation.
Les centaines de personnes massées en contrebas ont immédiatement réagi par des cris de joie.
A moins de trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle, la ministre, qui va rentrer prochainement à Paris, les avait exhortés plus tôt à rapidement « graver dans le marbre le travail » engrangé « ensemble » après la présentation d’un document en cinq points.

Une réunion interministérielle prévue

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve présidera ce lundi 3 avril dans l’après-midi une réunion ministérielle, après l’échec des négociations, a annoncé Matignon à l’AFP. La réunion, programmée à 16h30 à Matignon, doit notamment rassembler les deux ministres de retour de mission en Guyane, Ericka Bareigts et Mathias Fekl, ainsi que sept autres membres du gouvernement: Najat Vallaud-Belkacem (Education), Marisol Touraine (Affaires sociales et Santé), Jean-Jacques Urvoas (Justice), Jean-Michel Baylet (Aménagement du territoire), Stéphane Le Foll (Agriculture), Patrick Kanner (Ville) et le secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert, a précisé Matignon dans un communiqué à l’AFP.

Le gouvernement compte maintenir ses engagements (sécurité, santé, éducation), que la ministre de Outre-mer défendra mercredi en Conseil des ministres, selon son entourage. Ce plan d’urgence de 1,085 milliard d’euros « répond aux préoccupations prioritaires exprimées par les différentes parties prenantes regroupées en collectifs, notamment en ce qui concerne l’éducation, la sécurité, la santé ou la commande publique », selon un communiqué d’Ericka Bareigts.

Des accords sectoriels ont également été conclus notamment sur « l’économie », « l’agriculture », « le BTP », « les activités minières » ou encore « les communautés amérindiennes et bushninengue », selon la ministre des Outre-mer.

Le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, déjà reparti pour Paris où François Hollande le recevra lundi matin, avait estimé samedi que « le gouvernement a(vait) entendu les aspirations et les demandes des Guyanais ». Il avait listé une série de « décisions fermes et sans appel » et affirmé que les 428 revendications du collectif avaient été « passées en revue, expertisées ».

Rester solidaires

Parallèlement en Guyane, la mobilisation se durcit. Le message du collectif de Guyanais est « que c’est pas mal, mais que ce n’est pas encore assez », a commenté Mickaël Mansé, un des porte-parole des « 500 frères », un mouvement très populaire dont les membres marchent encagoulés.

« La ministre fait comme si elle ne savait pas que nous avons 50 ans de retard, qu’on subit, que nous voyons de la misère dans notre pays. Nous allons lui montrer », a affirmé Olivier Goudet, autre porte-parole des « 500 frères ». »Demain, tous les barrages seront fermés », a-t-il ajouté.

Et d’affirmer que « la fusée restera au sol tant que la Guyane ne décollera pas ». Une manifestation a été annoncée dans la foulée mardi à 9H00 (14H00 à Paris) à Kourou, près du site de lancement des fusées Ariane.


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Avril 2017