JO d’hiver 2018 – 3 jeunes athlètes nigérianes font le pari de se qualifier pour le Bobsleigh

Est-ce que les J.O d’hiver de 2018 verront pour la première fois la participation d’une équipe africaine dans la catégorie bobsleigh? Trois jeunes athlètes nigérianes ont fait le pari de se qualifier pour la compétition.

Un scénario qui semble tout droit sorti d’un film Disney. Il s’agit non seulement de la première équipe nigériane, mais également de la première équipe de bobsleigh du continent hommes et femmes confondus. Un moment historique pour l’Afrique et la discipline.

Alors pourquoi avoir choisi le bobsleigh?

L’ancienne championne d’athlétisme Seun Adigun est à l’origine du projet. La jeune femme de 30 ans a remporté à plusieurs fois le 100 mètres haie au niveau national au Nigéria et a également représenté son pays au Jeux olympiques de Londres en 2012.

Même si elle décroché des pistes d’athlétisme, elle n’était pas tout a fait prête renoncer à sa carrière sportive. Elle s’est donc tournée vers le bobsleigh.

La jeune femme, qui possède la double nationalité, a rejoint l’équipe américaine de bobsleigh en tant que freineuse pendant un an.

Après quelques recherches, elle a été stupéfaite d’apprendre que le continent n’avait jamais eu de représentant au Jeux olympiques dans ce sport de glisse.

« Nous avons tellement de talent (en Afrique), nous pouvons avoir les ressources si nous rassemblons nos forces, nous avons la passion, la motivation, la détermination, la condition sportive, alors pourquoi pas ? »

Après réflexion, Seun Adigun a décidé d’initier cette équipe de bobsleigh ainsi que toute une fédération pour l’Afrique. Grâce à cette expérience, elle espère inspirer les femmes, développer la discipline et donner une image positive du continent.

« Je veux dire à tous les oncles et tantes, que les prières et la fierté que nous partageons en tant que nation a été placée et creusée au plus profond de nos cœurs. Nous voulons dire au Nigéria que nous sommes très fières de porter le drapeau. Rien n’est plus important pour nous que de s’assurer que le Nigéria est représenté de manière positive et comme le grand peuple qu’il est. »

Bobsleigh sans neige

Après réflexion, Seun Adigun a décidé d’initier cette équipe de bobsleigh ainsi que toute une fédération pour l’Afrique. Grâce à cette expérience, elle espère inspirer les femmes, développer la discipline et donner une image positive du continent.

« Je veux dire à tous les oncles et tantes, que les prières et la fierté que nous partageons en tant que nation a été placée et creusée au plus profond de nos cœurs. Nous voulons dire au Nigéria que nous sommes très fières de porter le drapeau. Rien n’est plus important pour nous que de s’assurer que le Nigéria est représenté de manière positive et comme le grand peuple qu’il est. »

Avec Seun Adigun comme entraîneur, Ngozi a vite rattrapé son retard et appris les fondamentaux du sport. L’équipe est basée à Houston dans le sud des Etats-Unis. Une ville côtière où la météo est clémente et la neige se fait très rare.

Des conditions loin d’être idéales pour la pratique du bobsleigh. Mais il en faut plus pour décourager les trois athlètes déterminées à s’entraîner par tous les moyens.

L’équipe a construit un traîneau en bois nommé le « Maeflower » en hommage à la belle-soeur disparue de Seun Adigun. Lorsqu’elles poussent le bobsleigh sur une piste ou une pelouse artificielle, la quantité de friction reproduit le poids du véhicule sur la glace.

Et les jours où elles n’utilisent pas le « Maeflower », les trois femmes se concentrent sur le renforcement musculaire et leur vitesse.

Pour Akuoma, il est important de montrer aux autres pays qu’il est possible de s’entraîner même si à première vue, il n’y a pas les ressources nécessaires pour la pratique du sport.

« Lorsque nous avons commencé, nous n’avions pas les moyens adéquats mais on les a créés, nous ne vivons pas dans le bon climat, mais on parvient à s’entraîner, nous voulons donner l’exemple et ils (les autres pays) peuvent voir qu’ils peuvent également le faire même si cela semble impossible pour l’instant. »

La descente sur piste glacée

Mi-mars, l’équipe a pu expérimenter les courses de bobsleigh dans un froid glacial. Pour leur dernier entraînement de la saison, les athlètes se sont rendues à Calgary dans la province d’Alberta dans l’Ouest du Canada où le thermomètre affichait -18 degrés.

Pour Seun Adigun c’était l’occasion de perfectionner ses compétences de pilote. Assise à l’avant du bob à deux places, elle doit négocier les virages d’une piste sinueuse glacée de 1600 mètres et atteindre l’arrivée le plus rapidement possible.

L’engin, dont la forme rappelle celle d’une balle de revolver peut atteindre jusqu’à 135 k/h et le parcours se fait en moins d’une minute. Les athlètes doivent porter un casque de sécurité et un uniforme rembourré pour minimiser les risques de blessures dans les virages parfois violents.

« Avant ça me rendait malade, mon corps était dans tous ses états, mais il faut dépasser cela. (…) C’est comme si quelqu’un vous avait mis dans une grande poubelle et vous faisait rouler depuis le haut d’une colline, et ensuite, il faut imaginer que la force gravitationnelle vous tire à l’intérieur du bobsleigh, » explique Seun.

En réalité, les athlètes de bobsleigh passent peut-être 10 minutes sur la glace sur une heure d’entraînement. Pousser et transporter le traîneau de 170 kg demande beaucoup de force et d’énergie d’après Sarah Monk, monitrice et ancienne athlète canadienne de haut niveau en bobsleigh.

Un sport onéreux

Mais pour atteindre cet objectif, l’équipe doit récolter assez d’argent pour financer leur projet Les trois femmes ont lancé une campagne de crowdfunding en novembre 2016 pour rassembler 150 000 dollars. Jusqu’à présent, elles ont obtenu un peu plus de 16 000 dollars. Le bobsleigh est un sport onéreux qui requiert beaucoup d’équipement.

Un traîneau à deux places peut coûter jusqu’à 80 000 euros, et le manque popularité du sport décourage les sponsors. C’est pourquoi peu de nations pratiquent cette discipline en général. L’équipe du Nigéria espère que sa tentative de qualification suscitera l’enthousiasme et l’intérêt du public pour le bobsleigh.

Au-delà de leur rêve olympique, les jeunes athlètes de l’équipe doivent également jongler entre les entraînements et leur vie professionnelle ou bien estudiantine. Seun, Ngozi et Akuoma ne peuvent se permettre d’être des athlètes de bobsleigh à temps plein. Seun poursuit un doctorat en chiropraxie et un master en science.

Un emploi du temps de ministre qui demande des sacrifices notamment sur la vie sociale. Le vendredi soir, l’équipe du Nigeria est plus susceptible d’être à l’entraînement plutôt qu’en boîte de nuit. Ce qui n’empêche pas les femmes de trouver un peu de temps pour s’amuser entre elles.

Tout ce dont elles ont besoin, c’est d’une enceinte et de la bonne musique nigériane pour danser une bonne partie de la nuit, même si c’est en pyjama dans leur salon.

Glossaire du bobsleigh

Pilote : La pilote et la freineuse doivent commencer a pousser le traîneau exactement au même moment. Pour essayer d’atteindre une synchronisation maximale, les athlètes suivent une série de commandes sur la ligne de départ. Dans l’équipe du Nigéria, la freineuse crie « backset » pour indiquer qu’elle est prête à pousser. Ensuite, la pilote embarque dans le traîneau la première tandis que sa freineuse la pousse encore sur quelques mètres. La pilote dirige le traîneau grâce à deux anneaux attachés à des cordes.

Freineuse : La freineuse donne l’élan initial. Elle pousse le bobsleigh sur une distance de 50m pour que le traîneau atteigne sa vitesse maximale et puis saute dedans avant le premier virage. Elle reste baissée tout au long de la descente. Cette position lui permet de réduire la résistance à l’air. A l’arrivée, la freineuse doit également arrêter l’engin.

La piste : La piste de bobsleigh du parc olympique de Calgary mesure 1600 mètres et les traîneaux qui y descendent peuvent atteindre une vitesse de 130k/h. La piste comporte 14 virages et la descente se fait généralement en une minute. C’est sur cette piste que l’équipe jamaïcaine de bobsleigh a perdu le contrôle de son traîneau et s’est retournée lors d’une course qualificative aux Jeux olympiques de 1988. Leurs histoire a inspiré le film Disney Rasta Rockett.


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Mars 2017