Nigéria – Le CPJ exige la libération sans condition de la bloggeuse Kemi Omololu-Olunloyo

Nigéria – Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a exigé des autorités nigérianes la libération immédiate et sans condition de la bloggeuse activiste Kemi Omololu-Olunloyo de même que celle d’un directeur de publication Samuel Welson, détenus dans une prison de haute sécurité en attente de leur procès pour des charges de diffamation et de publication de fausses informations.

Selon le CPJ, Kemi Omololu-Olunloyo, qui anime le blog HNN Africa, a été arrêtée le 13 mars dernier par la police à son domicile à Ibadan après la publication, le 17 février dernier, sur le média social Instagram d’un courrier d’un fidèle d’une église accusant une femme d’avoir utilisé des sortilèges vaudou pour circonvenir un pasteur et un autre homme d’avoir des relations sexuelles avec elle et de lui offrir des présents.

Kemi Omololu-Olunloyo, qui a supprimé la publication, a écrit que ni le pasteur ni la femme mis en cause dans le courrier n’ont donné suite à sa demande de réaction.

Quant au directeur de publication Samuel Welson, il a été arrêté le 15 mars dernier à Port Harcourt pour avoir republié le même courrier dans son journal « Rivers Today » le 20 février dernier.

Kemi Omololu-Olunloyo a été transférée le 15 mars par la police d’Ibadan à Port Harcourt après avoir parcouru une distance de plus de 600 kilomètres, où un tribunal a ordonné leur incarcération dans une prison de haute sécurité en attendant leur procès pour des accusations de diffamation et de publication de fausses informations.

Le représentant pour l’Afrique de l’Ouest du CPJ, Peter Nkanga, a estimé que les allégations de diffamation ne devraient jamais être un délit pénal. « Nous appelons les autorités nigérianes à libérer sans condition et à abandonner toutes charges à l’encontre de Kemi Omololu-Olunloyo et de Samuel Welson et à cesser de poursuivre les journalistes pour des accusations de diffamation ou de publication de fausses informations », a-t-il plaidé.

Le conseil des deux journalistes, Phoebe Fawehinmi, a déclaré au CPJ que leur comparution jeudi pour obtenir une liberté provisoire a été renvoyée au 30 mars en raison de l’absence du juge pour cause de maladie.

Le CPJ précise qu’un porte-parole de la police de l’Etat de Rivers, Nnamdi Omoni, les a orientés vers l’inspection générale de la police, où un officier de police a refusé poliment de se prononcer sur cette affaire.


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Mars 2017