France – Les femmes dans leurs univers de travail pour l’exposition « Technologie nom féminin »

Sur le campus Arts et Métiers de Paris, les photos de l’exposition « TECHNOLOGIE nom féminin » tordent le cou aux idées reçues sur le secteur de l’industrie. 18 jeunes femmes issues de l’école ont pris la pose dans leur environnement de travail, pour renvoyer au passé l’image d’un métier d’ingénieur réservé aux hommes.

« Les femmes manquent de modèles auxquels s’identifier. » Le constat est récurrent chaque fois que l’on tente d’expliquer la faible proportion de femmes en écoles d’ingénieurs et dans l’industrie. L’exposition « TECHNOLOGIE nom féminin » tente d’y remédier en mettant en scène 18 jeunes filles étudiantes ou ingénieures des Arts & Métiers photographiées dans leur environnement de travail.

  

Lors du vernissage de l’exposition sur le Campus Arts et Métiers de Paris le 21 mars 2017, Christophe Sirugue, secrétaire d’Etat à l’industrie rappelle qu’« aujourd’hui, seulement 28% des emplois industriels sont occupés par des femmes ».

Une proportion que l’on retrouve en moyenne en école d’ingénieur, et qui est encore plus faible aux Arts et Métiers. Fondée en 1780, l’Ecole nationale supérieure d’arts et métiers (ENSAM) a accueilli sa première étudiante en 1964. Elles étaient 9% en 2009 et 18% en 2016. « Ça reste relativement faible, constate le directeur général de l’école Laurent Champaney. On puise dans un vivier de classes préparatoires où le taux de femmes est très faible. » Pourtant, la parité est presque parfaite en terminale scientifique.

  

« You can’t be what you can’t see »

Ces données résultent pour partie de la persistance d’idées reçues, clichés et autres stéréotypes transmis par la société et l’éducation. Mais pas seulement. Chargée de mécénat et déléguée à l’égalité des chances Arts et Métiers ParisTech, Florence Barnier rappelle le sous-titre du documentaire Miss Representation de la réalisatrice américaine Jennifer Siebel Newsom : « You can’t be what you can’t see ». Des mots qui soulignent pour elle « la difficulté pour les filles de s’identifier à des références féminines, car il existe trop peu de modèles de femmes scientifiques ». Et lorsque l’on parle de modèles, on ne parle pas forcément de s’identifier à Marie Curie ou toute autre grande scientifique de renom. On parle ici de personnes côtoyées tous les jours, d’images renvoyées par notre quotidien, tout aussi essentielles.

 

 

    

En troisième année de doctorat aux Arts et Métiers après un master en informatique, Katy s’applique à comprendre d’où viennent les maux de tête, nausées et autres vertiges ressentis lors d’expériences de réalité virtuelle. « C’est dommage d’être limité à cause des effets secondaires de la technologie. Je fais en sorte que la technologie puisse convenir à l’utilisateur. S’il ne s’y sent pas bien, à quoi ça sert ? » Zohra, elle, a intégré un technicentre de la SNCF pour effectuer la maintenance des trains au départ de la gare Saint-Lazare : « Je suis passionnée par le ferroviaire. Ca permet aux gens de se rapprocher et ça crée du lien entre les régions. Et puis c’est un mode de transport propre ! » Selon elle, il y a un gros travail à faire en amont des écoles et des classes prépas. « On s’imagine que dans ces écoles on passe notre temps en atelier. Ce n’est pas le cas. Et quand bien même on y passerait du temps, on fait plein de choses intéressantes dans les ateliers, et inutile d’être un homme pour s’y faire une place. »

Changer les mentalités

La photographe Marion Gambin s’est rendue sur les campus Arts et Métiers de toute la France ou dans les entreprises où évoluent ces jeunes femmes étudiantes, ingénieures ou chercheuses. L’exposition se veut itinérante. Elle a vocation d’aller se promener sur les campus, mais aussi hors les murs, pour être vue du plus grand nombre.

  

De quoi peut-être faire évoluer les mentalités et susciter des vocations pour donner raison à Florence Barnier, lorsqu’elle déclare : « Je fais le pari que si les jeunes filles savaient qu’être ingénieure, c’est inventer la vie du futur, construire des barrages, concevoir des avions, lancer une startup, développer l’agriculture urbaine, voyager, travailler en équipe avec des urbanistes, médecins, stylistes, architectes,… elles seraient bien plus nombreuses à embrasser ces carrières. »

En pratique : Exposition « TECHNOLOGIE nom féminin » jusqu’au 5 mai sur le Campus Arts et Métiers de Paris, 155 boulevard de l’Hôpital. Entrée libre et visite groupée possible sur réservation en envoyant un mail à communication@ensam.eu


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Mars 2017