Angleterre – Theresa May s’est exprimée devant les députés sur l’attaque à Westminster

Londres, Angleterre – La première ministre Theresa May, s’exprimait devant les députés au lendemain de l’attaque à Westminster qui a coûté la vie à trois personnes et fait une quarantaine de blessés.

Au lendemain de l’attaque de Londres, alors que l’enquête se poursuit pour déterminer l’identité de l’auteur de l’attaque à la voiture bélier et au couteau, la première ministre britannique, Theresa May, s’est rendue devant le Parlement qui a repris sa session, jeudi 23 mars.

  • « Nous n’avons pas peur et notre détermination ne faillira pas »

« Nous n’avons pas peur! et notre détermination ne faillira pas face au terrorisme.», a déclaré la première ministre britannique, Theresa May, devant les députés, au lendemain de l’attentat qui a coûté la vie à trois personnes à Londres.

L’auteur de l’attentat « est né au Royaume-Uni » et « il y a quelques années il a fait l’objet d’une enquête du MI5 » en lien avec « l’extrémisme violent », a révélé Mme May, ajoutant qu’il était « un personnage périphérique » de cette enquête

Les parlementaires ont observé une minute de silence à 9 h 33 locales. Une autre cérémonie avait lieu en même temps devant Scotland Yard, quelques centaines de mètres plus loin, en hommage notamment au policier tué dans l’attaque.

En signe de solidarité, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, a assisté à la session du Parlement britannique. « Monsieur, nous apprécions votre présence et votre manifestation de solidarité », a déclaré le président de la Chambre des députés, John Bercow.

Jean-Marc Ayrault a rencontré les familles de trois lycéens français blessés dans l’attentat. Il a dénoncé une « attaque contre le cœur de la démocratie », dans une déclaration à la presse, disant être venu à Londres porteur d’un « message très fort pour dire non à ceux qui veulent tuer la démocratie ».

  • Perquisitions

La police britannique a procédé à six perquisitions à Londres, Birmingham, mais aussi en d’autres points du Royaume-Uni qui ont mené à huit arrestations dans l’enquête sur l’assaillant, a annoncé jeudi Mark Rowley, patron des services antiterroristes.

La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert jeudi une enquête en flagrance sur l’attaque près du Parlement de Westminster, en raison de la présence de victimes françaises, a annoncé le parquet.

Mark Rowley a laissé entendre que l’assaillant, qui a été abattu par des policiers, avait agi seul. « Nous continuons de penser (…) que l’assaillant a agi seul et s’inspirait du terrorisme international. A ce stade, rien ne permet de parler d’autres menaces spécifiques pour la population », a-t-il dit. La police croit connaître l’identité du tueur mais ne l’a pas communiquée à la presse pour le moment.

  • Vote remis en Ecosse

Le vote sur le référendum d’indépendance de l’Ecosse au Parlement régional a été reporté à mardi, a annoncé jeudi un porte-parole de l’Assemblée. Les députés écossais devaient voter mercredi pour autoriser la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, à demander à Londres un référendum d’indépendance en raison du Brexit. Mais la séance du Parlement a été suspendue en signe de solidarité peu après l’attaque.

Le vote aura donc lieu la veille du déclenchement par la première ministre britannique, Theresa May, de l’article 50 du traité de Lisbonne qui marque le divorce avec l’Union européenne et le début de deux ans de négociations difficiles et complexes.

Ce que l’on sait de l’attaque survenue aux abords du Parlement de Londres

Une attaque a touché le cœur de Londres, mercredi 22 mars. Un homme a lancé sa voiture sur des piétons traversant le pont de Westminster avant de pénétrer dans l’enceinte du Parlement et poignarder un policier. Il a été abattu.

  • Que s’est-il passé ?

Selon la police britannique, il semble que l’assaillant a d’abord renversé à bord d’une voiture plusieurs piétons sur le pont de Westminster menant au Parlement et à Big Ben. Puis il s’est rendu devant l’entrée principale du Parlement, Old Palace Yard, et a poignardé un policier. La séance parlementaire a été suspendue et la zone a été bouclée. Les députés et le personnel ont reçu l’ordre de rester à l’intérieur du bâtiment. La Chambre des communes devrait toutefois reprendre ses travaux normalement jeudi.

  • Trois morts et quarante blessés

Contrairement à ce qui avait été annoncé mercredi soir, il n’y a pas eu quatre personnes tuées mais trois au cours de cette attaque, a rectifié jeudi matin le chef de l’antiterrorisme, Mark Rowley.

La première ministre britannique, Theresa May, a fait savoir que quarante personnes avaient été blessées, parmi lesquelles douze Britanniques, quatre Sud-Coréens, trois lycéens français, deux Roumains, deux Grecs, un Allemand, un Polonais, un Irlandais, un Chinois, un Italien et un Américain.

Les trois jeunes Français qui figurent parmi les blessés, élèves au lycée Saint-Joseph de Concarneau, se trouvaient en voyage scolaire outre-Manche. Selon la préfecture du Finistère, deux sont dans un état grave, mais leurs jours ne sont pas en danger. Un avion du gouvernement devait conduire jeudi leurs familles à Londres.

  • Une attaque revendiquée par l’EI

L’organisation djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué jeudi, par le biais de son organe de propagande Aamaq, l’attaque. « L’auteur de l’attaque d’hier devant le Parlement britannique à Londres est un soldat de l’Etat islamique qui a répondu aux appels à viser des citoyens des Etats de la coalition », a revendiqué Aamaq, citant « une source de sécurité ».

  • Que sait-on de l’assaillant ?

Theresa May a confirmé devant le Parlement que l’auteur de l’attaque de mercredi était connu des services de renseignement.

« Ce que je peux confirmer, c’est que l’individu était né en Grande-Bretagne, et qu’il y a quelques années, il a été surveillé par le MI5 pour des soupçons d’extrémisme violent. C’était une figure secondaire. Il n’était pas dans le radar des services de renseignement ces temps-ci ».

Après avoir ouvert une enquête mercredi soir, la police a fait savoir, jeudi matin, qu’elle avait arrêté huit personnes. Le chef de l’antiterrorisme a également indiqué que des perquisitions avaient été effectuées à six adresses, à Londres et Birmingham, dans le centre de l’Angleterre, mais également ailleurs dans le pays.

Trois ressortissants français ayant été blessés dans l’attaque, le parquet de Paris a annoncé, jeudi matin, l’ouverture d’une enquête en France.

Mercredi, le haut responsable de Scotland Yard avait précisé que l’homme semblait avoir agi seul.

  • Le niveau d’alerte terroriste reste inchangé

La première ministre britannique, Theresa May, a estimé, quant à elle, que le lieu de l’attaque n’était pas un hasard :

« Le terroriste a choisi de frapper au cœur de notre capitale, là où les gens de toutes nationalités, de toutes religions, de toutes cultures se rassemblent pour célébrer les valeurs de liberté, de démocratie et de liberté d’expression. »

Mme May a signalé que le niveau d’alerte terroriste au Royaume-Uni restait inchangé. Depuis août 2014, ce niveau est fixé à « grave », le quatrième sur une échelle de cinq. Scotland Yard a annoncé au début de mars que les services de sécurité britanniques avaient « déjoué treize tentatives d’attentat terroriste depuis juin 2013 » dans le pays. A la suite des attentats de novembre 2015 en France, la police avait annoncé le déploiement de 600 policiers armés supplémentaires à Londres, portant leur nombre à 2 800.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a assuré à ses administrés que des renforts de police allaient être déployés dans les rues de la capitale. « Les Londoniens ne céderont jamais au terrorisme », a-t-il promis.

Le mode opératoire de l’attaque de Londres rappelle l’attentat de Nice du 14 juillet 2016, qui a fait 86 morts, et celui de Berlin, en décembre, qui a fait 12 morts. Toutes deux ont été revendiquées par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI). Cette offensive survient un an jour pour jour après les attentats de Bruxelles – à l’aéroport de Zaventem et dans une station de métro proche des institutions européennes.

  • Les réactions internationales

Le président américain, Donald Trump, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre canadien, Justin Trudeau, ont été parmi les premiers dirigeants étrangers à exprimer leur soutien au gouvernement britannique. Le président français, François Hollande, s’est entretenu avec Theresa May au téléphone et lui a adressé les condoléances de la France.

Après avoir adressé « ses pensées aux familles et aux personnes touchées », le maire de Londres, Sadiq Khan, a lancé jeudi un appel au rassemblement à 18 heures sur le lieu de l’attaque.


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Mars 2017