France – La ministre Audrey Azoulay candidate au poste de directeur général de l’Unesco

L’actuelle ministre de la Culture et de la Communication est candidate à prendre la tête de l’Unesco. L’institution a dévoilé ce jeudi la liste des candidats officielle, dont Audrey Azoulay.

Elle brigue le poste de directrice générale, actuellement occupé par Irina Bokova, ancienne ministre bulgare des Affaires étrangères.

Nommé pour quatre ans, le directeur général de l’Unesco peut briguer deux mandats. L’actuelle directrice a été élue en 2009 avant d’être réélue en novembre 2013. Outre la ministre de la culture française, huit autres candidats sont en lice pour la présidence de l’Unesco. Parmi eux, deux autres femmes, l’Égyptienne Moushira Khattab et la Libanaise Vera El-Khoury Lacoeuilhe.


Audrey Azoulay, née le 4 août 1972 à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines – France) est ministre de la Culture et de la Communication depuis le 11 février 2016. Son enfance se déroule entre la France et le Maroc où se situe une partie de ses attaches familiales. Ancienne élève de l’Ecole nationale d’administration (promotion « Averroès » 1998 – 2000), elle est également diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (1996) et titulaire d’un Master of Business Administration (Lancaster University, Grande-Bretagne, 1993) dans le cadre du programme d’échange européen Erasmus.

Elle débute sa carrière comme chef du bureau du secteur audiovisuel public à la Direction du développement des médias, où elle travaille à la mise en place de la télévision numérique terrestre (TNT) en France, à la création d’une chaîne d’information internationale et à la réforme de l’audiovisuel public.

De 2000 à 2003, elle exerce des fonctions de rapporteur à la Cour des comptes et d’experte législation pour la Commission européenne dans les domaines culture et communication.

En 2006, elle rejoint le Centre National du Cinéma et de l’image animée pour occuper successivement les postes de Directrice adjointe de l’Audiovisuel, de Directrice financière et juridique et de Directrice générale déléguée. Elle réforme et modernise les systèmes d’aide au cinéma, à l’audiovisuel et au secteur du jeu vidéo en adaptant les mécanismes de soutien financier aux nouvelles formes de diffusion des œuvres audiovisuelles dans l’univers numérique. Elle crée ainsi de nouvelles recettes pour les industries culturelles, assises sur les fournisseurs d’accès à internet. Elle met en œuvre un vaste plan national d’aide à la transition numérique en France pour l’industrie cinématographique et audiovisuelle incluant la numérisation des salles et des œuvres.

Elle lance également un plan de relance pour l’audiovisuel. En septembre 2014, elle est nommée Conseillère culture auprès du Président de la République française, François Hollande. Au moment des destructions des sites archéologiques de Ninive, Nimroud, Hatra, ou du musée de Mossoul perpétrées par le groupe Etat islamique, elle propose au Président de la République de confier au président directeur du Louvre un plan pour la protection du patrimoine en danger, qui sera annoncé en partenariat avec la Directrice Générale de l’Unesco, Mme Irina Bokova, le 18 mars 2015.

En France, elle a entrepris de nombreuses réformes de modernisation grâce à ses capacités de médiation et de construction de consensus importantes, dont la réforme du régime d’assurance chômage des intermittents. Accord historique, il sécurise le statut des professionnels de la création artistique.

Elle fait adopter la loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine qui inscrit dans le droit français le principe de la liberté de création, et comporte notamment un important volet afférent à la protection du patrimoine, à la lutte contre le trafic illicite des biens culturels, mais aussi des modernisations du droit d’auteur et des droits voisins dans l’univers numérique.

Elle lance le projet « Création en cours », avec le ministère de l’Education Nationale, qui prévoit un vaste programme de résidences d’artistes dans les écoles sur tout le territoire français.

Convaincue que les crises qui traversent notre société contemporaine peuvent trouver des remèdes notamment par l’accès à la culture et les échanges culturels et artistiques, elle obtient un rehaussement inédit du budget du Ministère de la culture et de la communication.

Elle fait inscrire des mesures de parité femme-homme pour les institutions culturelles dans la loi relative à l’Egalité et à la citoyenneté. Elle œuvre au renforcement de l’indépendance de l’information avec la loi audiovisuelle sur la liberté, l’indépendance et le pluralisme des médias adoptée en automne 2016, renforçant les garanties d’indépendance des rédactions à l’égard des intérêts économiques.

Avec le projet des « Micro-folies », elle encourage un projet novateur de maison de la culture numérique hyper-connectée, qui réunit le spectacle, les musées, le jeu vidéo, les artistes, les écoles. Le premier projet a été installé dans un quartier populaire de la région parisienne.

Enfin, au sein du Conseil des ministres de la culture européen, elle œuvre, dans le cadre de l’agenda numérique et de la construction du marché unique numérique, à la protection des droits des auteurs et des créateurs et à la protection des systèmes de financement de la création artistique.

Audrey Azoulay est activement engagée dans les efforts d’innovation, de dialogue interculturel et intergénérationnel, pour faire progresser l’éducation pour tous et faire contribuer des musées à l’éducation citoyenne et au vivre ensemble, comme en témoigne la mission « Musées du 21e siècle » qu’elle a lancée en 2016 et dont les préconisations viennent d’être rendues publiques.

Comme ministre de la Culture et de la Communication, Audrey Azoulay est Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres. En plus de sa langue maternelle, Audrey Azoulay parle couramment l’anglais et espagnol. Elle est mariée et mère de deux enfants.


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Mars 2016