Guatemala – Les apicultrices d’Urlanta apportent emplois et revenus à leur communauté

Oralia Ruano Lima a été l’une des premières femmes de sa communauté indigène à participer en tant qu’apicultrice à un projet d’entrepreneuriat destiné aux femmes. Aujourd’hui, les femmes apicultrices d’Urlanta, un village de la région sud-est du Guatemala, apportent des emplois et des revenus durables à leur communauté rurale et changent la façon de voir les choses et les attitudes à l’égard des femmes.

Oralia Ruano Lima, 29 ans, est la trésorière d’une association dirigée par des femmes, Asociación Comunitaria Integral Productiva. Celle-ci est située dans le village d’Urlanta, dans la région Sud-Est du Guatemala, à environ 30 minutes de route de Jalapa, la ville la plus proche. Elle est également membre fondatrice de l’organisation guatémaltèque « Femmes pour générer des réussites en milieu rural » (MUGER).

L’association a reçu des financements afin de lancer une entreprise d’apiculture dans le cadre du programme Élargir les possibilités économiques des femmes entrepreneurs en milieu rural dans la région de l’Amérique latine (BEO) d’ONU Femmes et du Fonds international de développement agricole (FIDA). Le programme a également fourni aux membres de l’association une formation sur les droits fondamentaux, la gestion d’entreprise, la vente et la distribution. Le travail quotidien de Mme Lima répond à l’objectif de développement durable n° 8, qui promeut le travail productif et décent pour toutes et tous, ainsi que la création d’emplois décents et l’entrepreneuriat. Grâce au projet, plus de femmes participent aux réunions du village et font valoir l’égalité des droits, ce qui fait écho à l’ODD n° 5, qui promeut le leadership des femmes et leur participation à tous les niveaux.

Ma journée commence avant le lever du jour, lorsque je bois un grand café noir et me prépare pour mon premier travail : j’enseigne à des enfants de la première à la troisième année d’école primaire dans notre établissement local. Mon deuxième travail commence après 15h, lorsque je marche dans la forêt en suivant le bourdonnement croissant des abeilles. Si vous m’aviez dit il y a trois ans qu’enseigner à des enfants le matin et m’occuper d’insectes l’après-midi me rendrait si heureuse, je ne vous aurais pas cru !

En 2014, mon village a organisé sa première initiative d’entrepreneuriat consacrée aux femmes. J’y ai pris part sans hésitation. Je voulais avoir mon propre revenu.

Au total, 29 femmes de 18 à 85 ans dotées d’un vaste éventail de connaissances, de compétences et d’expériences se sont inscrites. Nous avons décidé de nous lancer dans l’apiculture, car nous avions déjà produit des fleurs que les abeilles pouvaient polliniser et certains membres avaient déjà de l’expérience dans le domaine.

Nous avons commencé avec 42 ruches. Au départ, nous avons connu certains échecs, notamment avec un chiffre d’affaires insuffisant et le départ de certaines femmes. Mais petit à petit, nous nous sommes améliorées en formant constamment de nouveaux membres à l’apiculture et en améliorant notre technique. Aujourd’hui, près d’un an plus tard, nous avons 53 ruches qui produisent environ 150 pots de miel en saison haute. Nous offrons même des conseils pour des projets similaires pour que d’autres femmes puissent apprendre de notre expérience.

L’aspect le plus réconfortant de cette initiative a été le changement d’attitude au sein de la communauté à propos de ce qu’on attend des femmes à Urlanta. Il fallait que les femmes aient des enfants et restent à la maison pendant que les hommes gagnent de l’argent et prennent toutes les décisions. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, les femmes ont leur mot à dire dans les réunions du village, vu qu’elles apportent des revenus, créent des emplois et attirent l’attention des médias !

Il est habituellement 16 h lorsque j’arrive aux ruches. Lorsque les abeilles m’entourent, je pense à tout ce que nous pouvons encore accomplir. Les piqûres me rappellent à quel point je suis devenue forte ».

 


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Mars 2017